14 juin 2026

Africa Solidaire

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Sud-Kivu : MSF en première ligne face aux déplacés et à la crise sanitaire

Sud-Kivu : MSF en première ligne face aux déplacés et à la crise sanitaire

Dans la province du Sud-Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo (RDC), la situation humanitaire se dégrade rapidement. Les combats incessants entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et l’Alliance Fleuve Congo (AFC)/M23 perturbent gravement les accès aux soins. Face à l’ampleur de la crise, l’intervention médicale et humanitaire, encore insuffisante, doit être renforcée sans délai. Médecins Sans Frontières (MSF) est l’une des rares organisations présentes sur le terrain pour porter assistance aux populations en détresse.

L’intensification des violences force des milliers de déplacés

Les combats répétés entre les FARDC et les groupes armés, notamment l’Alliance Fleuve Congo (AFC)/M23, dans les Hauts plateaux de Fizi, exacerbent les tensions intercommunautaires. Ces affrontements ont engendré un exode massif de populations. Selon l’OCHA, près de cinq millions de personnes ont été déplacées à travers la RDC, dont 1,9 million au Sud-Kivu et au Maniema. Privées de solutions durables, la majorité des familles sinistrées se réfugient chez des hôtes ou dans des camps précaires comme celui de Monge Monge. L’accès à l’eau potable, à l’alimentation et aux soins de base reste un défi quotidien pour ces populations.

Des barrières financières et géographiques limitent l’accès aux soins

Les violences prolongées ont anéanti les moyens de subsistance de nombreuses familles. MSF adapte sa réponse en renforçant son offre de soins pour les communautés affectées. Ikupe Roger, 60 ans, raconte son exil : « Lorsque les combats ont éclaté, j’ai fui avec ma femme et nos huit enfants pour sauver nos vies. Aujourd’hui, survivre à Baraka est un combat quotidien. Avant l’arrivée de MSF, les soins étaient inaccessibles. Dépenser plus de 100 000 francs congolais pour se soigner est impensable ». Pour nourrir sa famille, il compte sur l’agriculture, la pêche et un petit élevage. Malgré ses efforts, les conditions de vie restent désespérantes.

Gianpietro Campedelli, coordinateur de projet MSF à Baraka, souligne : « Beaucoup de patients arrivent dans un état critique, souvent trop tard pour être sauvés, faute de moyens pour payer le transport ou les soins ».

Les civils, premières victimes des violences

Au-delà des blessures de guerre, de nombreux déplacés subissent des violences physiques et psychologiques lors de leur fuite. Fatou, 40 ans, raconte : « Pendant notre fuite, des hommes armés nous ont frappés et dépouillés. Notre village a été pillé, tout a été détruit ». Installée chez des hôtes à Mwandiga, elle incarne le calvaire des civils pris pour cibles.

MSF renforce les structures sanitaires face aux urgences multiples

À Baraka, les centres de santé affrontent une triple crise : afflux de blessés, épidémies de choléra et recrudescence du paludisme. Face à cette situation, MSF a mis en place un soutien ciblé entre janvier et avril :

  • Renforcement de l’hôpital général de référence de Baraka par des approvisionnements médicaux et logistiques, ainsi que des formations pour le personnel soignant ;
  • Prise en charge gratuite des patients transférés pour des pathologies graves (paludisme sévère, infections respiratoires, maladies diarrhéiques) ;
  • Soutien à sept sites de soins communautaires pour le dépistage rapide du paludisme, des pneumonies et des diarrhées.

En quatre mois, 26 234 patients ont été pris en charge, dont 426 blessés de guerre, 16 574 cas de paludisme, 2 953 diarrhées et 3 832 pneumonies.

MSF a également mené une réponse active face aux épidémies :

  • Prise en charge de 1 002 patients au Centre de traitement du choléra (CTC) de Baraka ;
  • Distribution de kits d’hygiène et installation de points de chloration ;
  • Réparation de pompes manuelles d’eau à Baraka, Mwangaza et Mushimbakye ;
  • Distribution de 488 kits essentiels (savon, couvertures, assiettes, moustiquaires) dans le camp de Monge Monge, ainsi que des kits d’hygiène féminine pour 870 femmes.

Un appel à une mobilisation humanitaire élargie

Actuellement, les équipes de MSF concentrent leurs efforts sur la santé reproductive et la prise en charge des survivantes de violences sexuelles au centre de santé de Baraka. Elles maintiennent aussi des actions en matière d’eau, hygiène et assainissement dans le camp de Monge Monge. Pourtant, malgré ces interventions, les besoins dépassent largement les réponses disponibles. Gianpietro Campedelli conclut : « La présence de MSF est cruciale, mais insuffisante. Une mobilisation accrue des acteurs humanitaires est indispensable pour répondre à l’urgence sanitaire et sociale qui frappe ces populations vulnérables ».

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