Tabaski à Niamey : les prix des moutons s’envolent malgré l’abondance
Quelques jours avant l’Aïd al-Adha, Niamey vit au rythme des arrivages massifs de bétail. Les camions sillonnent les routes, les marchés regorgent de moutons, et pourtant, une question obsède les familles : pourquoi les prix s’affolent-ils ?
La capitale du Niger est littéralement submergée. Entre les troupeaux visibles à chaque carrefour et le vrombissement des véhicules chargés de bêtes venues des quatre coins du pays, l’abondance est indéniable. Pourtant, la logique économique semble avoir disparu. L’offre est là, spectaculaire, mais les tarifs, eux, s’envolent. Une situation qui rappelle la douloureuse réalité des années précédentes, après une accalmie temporaire en 2025.

Des tarifs qui défient toute logique
Dans les souks de Niamey, les prix des moutons oscillent entre 85 000 et 450 000 FCFA, selon la qualité et la taille des animaux. Une fourchette qui reflète la pression inflationniste actuelle. Voici comment se répartissent les coûts :
- 80 000 à 100 000 FCFA : la catégorie d’entrée, réservée aux agneaux ou moutons de petite taille. Une option minimaliste pour respecter l’obligation religieuse.
- 120 000 à 200 000 FCFA : le choix le plus courant pour les familles modestes. Ces animaux, de corpulence moyenne, représentent déjà un effort budgétaire conséquent.
- 250 000 à 450 000 FCFA : des béliers imposants, souvent issus de races rares ou très prisées. Un investissement inaccessible pour la majorité des Nigériens.
Le piment, nouvelle victime de la hausse des prix
Les condiments ne sont pas épargnés par cette spirale inflationniste. Le piment sec, indispensable pour les grillades de la fête, voit son prix doubler en une semaine. Un sac de 100 kg, qui coûtait 20 000 FCFA la semaine dernière, s’affiche désormais à 30 000 FCFA. Au détail, la tia (environ 800 grammes) se négocie à 1 000 FCFA, contre 600 FCFA auparavant.

Le pouvoir d’achat des Nigériens mis à rude épreuve
« On voit des moutons partout, mais personne ne peut se les offrir », confie un client désabusé près d’un marché de la capitale. Cette remarque résume l’angoisse qui gagne les foyers avant la fête. Malgré des arrivages records, la spéculation et l’emballement des derniers jours risquent de transformer la Tabaski 2026 en parcours du combattant pour de nombreuses familles.
Entre abondance affichée et tarifs inabordables, la situation interroge. Comment concilier tradition et réalité économique ? C’est tout le défi qui se pose aux habitants de Niamey à l’approche de cette célébration majeure.