Tchad : la fin de la limitation des mandats fragilise la démocratie
La récente réforme constitutionnelle au Tchad, qui supprime la limitation du nombre de mandats présidentiels, représente un tournant inquiétant pour l’état de droit. Cette décision ouvre la voie à un maintien prolongé au pouvoir du président Mahamat Idriss Déby. Ce changement structurel affaiblit les espoirs d’une alternance démocratique réelle, pourtant essentielle pour l’avenir du pays et la solidarité africaine.
Une consolidation du pouvoir exécutif
En éliminant les verrous limitant les mandats, les autorités tchadiennes ont supprimé une protection fondamentale contre la concentration du pouvoir. Cette modification législative semble consolider un régime centré sur une seule figure politique, une tendance scrutée de près par les observateurs de l’Afrique subsaharienne info et des dynamiques du continent africain.
Le 3 octobre, le chef de l’État a validé ces amendements, après une adoption rapide par le Parlement en septembre. Le Mouvement patriotique du salut (MPS), parti majoritaire à l’Assemblée nationale, a soutenu massivement ces textes qui font passer le mandat présidentiel de cinq à sept ans, tout en le rendant renouvelable indéfiniment. De son côté, une partie de l’opposition a refusé de participer au vote, dénonçant une procédure dépourvue de légitimité et d’impartialité.
Un héritage politique contesté au Tchad
Bien que présentée comme une simple révision technique par le gouvernement, cette réforme pérennise l’autorité de Mahamat Idriss Déby. Ce dernier a pris les rênes du pays en 2021 suite au décès de son père, Idriss Déby Itno, qui avait dirigé le Tchad durant trois décennies. Ce type de manœuvre contrevient aux principes de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, dont le pays est pourtant signataire.
Dans un contexte où l’actualité Afrique de l’Ouest et centrale est marquée par des enjeux de stabilité, cette mesure renforce l’emprise du parti au pouvoir. Elle intervient alors que les voix dissidentes et les acteurs de la société civile font déjà face à des pressions constantes et des actes d’intimidation.
Répression et entraves aux libertés publiques
L’histoire récente du pays est jalonnée d’épisodes de violences. En octobre 2022, des manifestations réclamant un retour à un régime civil ont été réprimées, entraînant de nombreux décès et des arrestations massives. Les détenus ont souvent été transférés vers la prison de haute sécurité de Koro Toro. Plus récemment, en mai 2025, l’opposant Succès Masra a été condamné à 20 ans de prison lors d’un procès dénoncé comme étant à motivation politique.
Pour favoriser une Afrique solidaire actualité constructive, il est essentiel de rétablir la limitation des mandats et de garantir un processus de réforme inclusif. Certains leaders demandent la tenue d’un référendum pour valider ces changements constitutionnels majeurs, afin de s’assurer d’un véritable soutien populaire.
Sans mécanismes crédibles pour assurer une transition pacifique, les institutions comme le Parlement et le système judiciaire perdent leur rôle de contre-pouvoir, laissant le champ libre à une autorité exécutive sans limites au détriment des droits fondamentaux des citoyens.