8 août 2026

Africa Solidaire

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Tension nigérian-AES : quand les mots réveillent les rivalités sécuritaires

Tension croissante entre le Nigeria et l’Alliance des États du Sahel sur la lutte antiterroriste

Tension entre le Nigeria et l'AES autour de la lutte antiterroriste

Les relations entre Abuja et les capitales de l’Alliance des États du Sahel (AES) — Niamey, Bamako et Ouagadougou — connaissent un nouveau coup de froid. Les propos tenus par le président nigérian Bola Ahmed Tinubu fin juillet ont ravivé les tensions, déclenchant une réaction immédiate des autorités de l’AES.

Lors d’une rencontre avec des chefs traditionnels le 30 juillet, le chef de l’État nigérian a pointé du doigt des groupes terroristes originaires des pays voisins comme responsables d’une partie de l’insécurité et des enlèvements dans le nord du Nigeria. Une accusation qui n’a pas manqué de susciter l’ire des gouvernements de l’AES. Le Burkina Faso, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Karamoko Jean-Marie Traoré, a réagi publiquement le 7 août en rappelant que le terrorisme constituait une menace partagée par les quatre nations. « Le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Nigeria sont unis face à un même ennemi », a-t-il déclaré, tout en exprimant le mécontentement de l’Alliance face aux déclarations de Bola Ahmed Tinubu.

L’AES rejette les accusations et pointe du doigt les vrais responsables

Le même jour, les représentants des trois pays membres de l’AES se sont réunis à Ouagadougou pour convoquer le chargé d’affaires nigérian. Ils ont dénoncé des propos jugés « inexacts » et « infondés », soulignant que ces déclarations sous-entendaient une minimisation des efforts déployés par leurs armées dans la lutte contre le terrorisme. « Nous ne sommes pas les artisans de notre malheur. Les véritables ennemis se trouvent ailleurs », a affirmé le chef de la diplomatie burkinabè, remettant en cause les allégations nigérianes.

Cette crise survient dans un contexte déjà tendu depuis 2023, marqué par la chute du président nigérien Mohamed Bazoum à Niamey. La dégradation de la sécurité dans le nord-ouest du Nigeria, notamment le long de sa frontière avec le Niger, ajoute une pression supplémentaire sur des relations déjà fragilisées entre Abuja et ses voisins sahéliens.

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