Tir mortel près de l’ortm à Bamako : deux jeunes hommes perdent la vie
Deux jeunes Bamakois abattus par des militaires à proximité de l’ORTM
Une tragédie a endeuillé Bamako ce matin du 29 mai 2026. Deux jeunes hommes ont été froidement abattus par des militaires en faction près du siège de l’Office de radiodiffusion télévision du Mali (ORTM), une zone hautement sécurisée de la capitale malienne. L’incident s’est produit aux premières lueurs de l’aube, vers 5h30, alors que les deux individus circulaient à moto.
Selon les autorités militaires, les victimes auraient tenté de forcer les barrages de sécurité installés autour de l’ORTM, une zone strictement réglementée en raison des tensions sécuritaires persistantes dans le pays. Cependant, des témoignages recueillis sur place suggèrent une version différente : les deux hommes seraient des travailleurs saisonniers se rendant à leur chantier quotidien.
Cette divergence d’interprétations alimente les débats parmi les habitants de Bamako, habitués depuis plusieurs mois à la multiplication des points de contrôle militaires dans la capitale.
Un contexte sécuritaire sous haute tension
Les barrages militaires près de l’ORTM ont été renforcés après une série d’attaques simultanées menées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) dans sept localités du Mali, dont Bamako. Ces mesures exceptionnelles visaient à protéger les infrastructures stratégiques du pays, parmi lesquelles figure l’ORTM.
D’après le communiqué de l’État-major des armées maliennes, les deux jeunes hommes n’auraient pas obéi aux ordres des militaires en poste. Après avoir forcé le premier barrage, des tirs de sommation auraient été effectués avant que les militaires n’ouvrent le feu, entraînant la mort des deux individus.
Une conductrice, qui souhaite conserver l’anonymat, partage cette analyse : « Face à l’insécurité actuelle, personne n’est autorisé à traverser cette zone sans autorisation préalable. Les agents en poste agissaient dans le cadre de leurs fonctions et leur réaction était légitime. »
Un drame aux conséquences incertaines
Seyba, un autre habitant de Bamako, exprime une opinion radicalement opposée. Pour lui, les militaires auraient dû privilégier une approche moins radicale : « Plutôt que de tirer directement, ils auraient pu viser la moto ou blesser les individus pour les immobiliser. Maintenant, nous ne saurons jamais quelles étaient leurs véritables intentions. Même si c’étaient des terroristes présumés, leur mort nous prive de toute possibilité d’enquête. »
Les investigations locales révèlent que les deux victimes étaient en réalité des travailleurs journaliers se rendant à leur lieu d’emploi. Leur méconnaissance des restrictions en vigueur aurait conduit à cette issue tragique.
En réponse à cet incident, les autorités ont décidé de renforcer la sécurité dans tout le secteur de l’ORTM, ainsi que dans les camps militaires et à l’aéroport international de Bamako-Senou, désormais accessible uniquement aux voyageurs et au personnel autorisé.