Togo : la CEDEAO met en cause la réforme constitutionnelle de 2024
Les autorités togolaises subissent un revers significatif sur le plan international. La Cour de justice de la CEDEAO a rendu un arrêt sans équivoque : la modification de la Constitution togolaise, adoptée en mars 2024, a été menée en méconnaissance des principes démocratiques et de l’équilibre institutionnel.
Cette décision marque un désaveu cinglant pour le gouvernement de Lomé, qui présentait jusqu’alors cette réforme comme un acte conforme aux normes constitutionnelles. Or, la décision des juges ouest-africains invalide cette prétention et affaiblit la légitimité d’un texte contesté depuis son entrée en vigueur, tant par l’opposition que par une frange importante de la société civile.
Une initiative portée par la société civile
L’action en justice émane principalement du mouvement « Touche Pas À Ma Constitution », soutenu par divers collectifs citoyens et forces politiques. Leur recours avait pour objectif de dénoncer une révision constitutionnelle effectuée sans consultation démocratique approfondie, perçue comme une manœuvre visant à renforcer la mainmise du pouvoir en place.
Pour les plaignants, cette sentence confirme que les aspirations populaires ont été sacrifiées au profit d’une approche autoritaire. Ils dénoncent une réforme imposée, dans un contexte marqué par une restriction progressive des libertés publiques et des tensions récurrentes autour de la gouvernance nationale.
Vers une refonte des institutions ?
Le jugement relance les discussions sur l’évolution institutionnelle du Togo. Plusieurs représentants de la société civile exigent désormais l’arrêt immédiat du processus en cours et réclament l’instauration d’une transition politique ouverte, permettant de rétablir un lien de confiance entre les autorités et les citoyens.
Cette affaire révèle également les divisions profondes qui traversent le pays, tout en alimentant les critiques contre un système politique sous l’emprise d’une même famille depuis près de soixante ans. Selon de nombreux analystes, seule une refonte institutionnelle, fondée sur le dialogue et le respect de l’État de droit, pourrait garantir une stabilité durable et restaurer la crédibilité des institutions togolaises.