29 juillet 2026

Africa Solidaire

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Togo : la Russie et l’africa corps s’installent discrètement sur le front anti-djihad

Le Togo face aux menaces terroristes : un virage stratégique avec la Russie et l’Africa Corps

Dans l’ombre des conflits qui déchirent le Sahel, le Togo, souvent perçu comme un îlot de stabilité en Afrique de l’Ouest, renforce discrètement ses alliances militaires. Depuis 2024, Lomé a engagé des négociations secrètes avec des acteurs extérieurs pour sécuriser ses frontières et contrer la progression des groupes armés jihadistes. Parmi ces partenaires inattendus figurent la Russie, via son contingent Africa Corps, et la Turquie, qui apporte un soutien aérien et logistique. Une stratégie audacieuse qui redéfinit les équilibres géopolitiques de la région.

Cette réorientation, confirmée par des sources locales et des observateurs militaires, marque un tournant dans la politique de défense togolaise. Longtemps considérée comme un acteur marginal dans les crises du Sahel, Lomé a choisi de diversifier ses alliances pour faire face à une menace terroriste de plus en plus pressante. Entre 2023 et 2025, les incursions de groupes affiliés à Al-Qaïda ou à l’État islamique se sont multipliées aux portes du Togo, poussant les autorités à agir en urgence.

Des alliances militaires sous le radar

Au cœur de cette stratégie, l’Africa Corps, cette force russe déployée en Afrique subsaharienne depuis 2023, a établi des contacts directs avec les autorités togolaises. Contrairement à d’autres pays de la région, le Togo n’a pas attendu une crise majeure pour solliciter une assistance extérieure. Dès 2024, des discussions ont été engagées pour intégrer des conseillers militaires russes et des équipements spécialisés, notamment dans la lutte contre les engins explosifs improvisés.

Parallèlement, la collaboration avec la Turquie s’est intensifiée. Ankara, déjà présente au Bénin et au Sénégal, a proposé un appui aérien pour surveiller les mouvements suspects le long des frontières nord du Togo. Des drones et des systèmes de détection radar ont été déployés discrètement, permettant aux forces togolaises de mieux anticiper les attaques. Ces accords, bien que non officiels, sont le fruit de négociations menées en coulisses par le gouvernement de Faure Gnassingbé.

Une réponse à la montée des tensions dans le Sahel

La décision du Togo s’inscrit dans un contexte régional explosif. Les groupes jihadistes, profitant des faiblesses des États voisins comme le Burkina Faso ou le Mali, étendent leur emprise vers le sud. Les attaques contre les forces de sécurité togolaises se sont multipliées, notamment dans la région des Savanes, frontalière avec le Burkina Faso. Face à cette escalade, Lomé a dû repenser sa doctrine de sécurité, passant d’une approche défensive à une stratégie proactive.

Les bases militaires situées près de Dihiaga, dans les Savanes, sont devenues des points stratégiques. Initialement conçues pour contrer les infiltrations, elles abritent désormais des équipements fournis par les partenaires étrangers. Des rapports indiquent que des conseillers militaires russes et turcs y sont stationnés, bien que leur présence officielle reste niée par les autorités. Cette discrétion s’explique par la sensibilité du dossier : le Togo craint des réactions négatives de ses voisins ou des organisations internationales.

Les défis d’une coopération militaire controversée

Si cette alliance offre des avantages immédiats, elle n’est pas sans risques. L’implication de la Russie, déjà critiquée pour son rôle en Centrafrique ou au Mali, soulève des questions sur la souveraineté togolaise. Certains observateurs craignent que Lomé ne s’engage dans une dépendance militaire difficile à rompre. De plus, la Turquie, bien que perçue comme un partenaire plus consensuel, suscite des interrogations quant à ses intentions à long terme.

Pour Faure Gnassingbé, l’enjeu est double : renforcer la sécurité intérieure sans aliéner ses alliés traditionnels, comme la France ou les États-Unis. Jusqu’à présent, Lomé a réussi à maintenir un équilibre, en évitant de rompre totalement avec l’Occident tout en diversifiant ses partenariats. Une équation complexe, mais nécessaire pour garantir la stabilité du pays.

Alors que les menaces terroristes persistent, le Togo semble avoir fait un pari risqué. Entre pragmatisme et opportunisme, Lomé mise sur des alliances militaires pour sécuriser son avenir. Mais à quel prix ?

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