9 mai 2026

Togo : le virage constitutionnel de Faure Gnassingbé et la fin du suffrage direct

Le paysage politique au Togo a connu un bouleversement majeur le 19 avril dernier avec l’adoption d’une nouvelle Loi fondamentale. Ce passage d’un régime semi-présidentiel à un système parlementaire est perçu par de nombreux observateurs comme une manœuvre visant à pérenniser le pouvoir de Faure Gnassingbé. Sous couvert de modernisation institutionnelle, cette réforme semble surtout verrouiller l’accès au sommet de l’État.

Une concentration des pouvoirs inédite

Dans cette nouvelle configuration, le rôle de Président de la République perd de son influence pour devenir essentiellement honorifique. Désormais, l’autorité réelle est concentrée entre les mains du Président du Conseil des Ministres. Ce poste stratégique, taillé sur mesure, octroie une emprise totale sur les leviers régaliens tels que les forces armées, la diplomatie et les grands corps de l’administration.

L’effacement de la limitation des mandats

L’un des changements les plus significatifs de cette réforme au Togo réside dans la disparition effective des limites de mandats présidentiels. En liant la désignation du chef de l’exécutif à la majorité parlementaire, le régime s’assure une longévité sans précédent. Pour Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005, ce dispositif permet d’éviter l’incertitude d’un scrutin au suffrage universel direct.

Le déni du choix populaire

Cette transition vers la Ve République est vivement critiquée car elle écarte les citoyens togolais du processus de désignation de leur dirigeant. Le vote populaire est remplacé par des arrangements au sein de l’Assemblée nationale, transformant l’élection en une simple formalité administrative. Ce système rend l’alternance politique quasiment impossible, enfermant le pays dans une structure juridique où le débat citoyen n’a plus sa place face à la volonté d’un seul homme.

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