Tony Elumelu : UBA bientôt autorisée à exercer en France
Le géant bancaire nigérian United Bank for Africa (UBA), dirigé par le milliardaire Tony Elumelu, s’apprête à franchir une étape historique. Après des mois de négociations et de vérifications rigoureuses, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) devrait lui octroyer sous peu sa licence bancaire complète en France. Une avancée majeure qui marque l’aboutissement d’un projet ambitieux, porté par une volonté commune de renforcer les liens économiques entre le Nigeria et l’Europe.
Un parcours semé d’embûches administratives
L’obtention de cet agrément n’a pas été une mince affaire. Signé en grande pompe il y a plus d’un an et demi, l’accord initial entre Tony Elumelu et les autorités françaises avait été perçu comme un symbole de la coopération bilatérale. Pourtant, entre les exigences réglementaires européennes et les réalités opérationnelles d’un groupe bancaire nigérian, le processus a nécessité des ajustements en profondeur.
Les discussions ont pris une nouvelle dimension lors du sommet Africa Forward, organisé à Nairobi en mai dernier. Lors d’une réunion du France-Nigeria Business Council, les représentants des deux pays ont échangé sur les blocages persistants. « Ce n’était plus une question de volonté, mais de synchronisation des processus. Les deux parties ont dû aligner leurs priorités pour concrétiser ce projet », explique un observateur impliqué dans les négociations.
Paris, nouvelle capitale financière du Nigeria en Europe
Avec cette licence, UBA deviendra la troisième banque nigériane à s’installer en France en tant qu’établissement de crédit. Un exploit qui s’inscrit dans une stratégie plus large de développement du Nigeria sur la scène financière internationale.
Access Bank, implantée depuis 2023 via sa filiale britannique, a été la première à obtenir cette autorisation, suivie de près par Zenith Bank en septembre 2024. Cette dernière, dirigée par Rabah Rahmani, un ancien de la Société Générale, avait marqué les esprits par une inauguration remarquée au Ritz à Paris, en présence de personnalités politiques et économiques influentes.
UBA, qui avait ouvert un simple bureau de représentation en 2009, franchit aujourd’hui une étape décisive. Son objectif ? Faciliter les échanges commerciaux entre l’Europe et l’Afrique francophone, tout en offrant aux entreprises françaises un accès simplifié aux marchés ouest-africains.
Une stratégie orchestrée pour maximiser les opportunités
Le timing de cette homologation n’est pas anodin. Alors que Tony Elumelu doit quitter la présidence du conseil d’administration d’UBA le 21 août, l’annonce de l’ouverture de la succursale parisienne pourrait coïncider avec la visite officielle du président français Emmanuel Macron au Nigeria fin octobre. Une synchronisation qui souligne l’importance politique et économique de ce projet.
Par ailleurs, Tony Elumelu a récemment été nommé à la tête de l’Africa France Impact Coalition, une initiative visant à dynamiser les partenariats entre entreprises africaines et françaises. Une reconnaissance de son influence dans le paysage économique du continent.
Un empire en expansion au-delà des frontières
UBA n’est qu’une facette d’un groupe bien plus vaste. Au sein de Heirs Holdings, le holding de Tony Elumelu, l’expansion se poursuit à un rythme soutenu. United Capital, la branche d’affaires du groupe, a récemment lancé de nouvelles filiales en Éthiopie et au Rwanda, confirmant une ambition mondiale.
En s’installant en France, UBA ne se contente pas d’enrichir son portefeuille de services. Le groupe se positionne comme un acteur clé du financement transfrontalier, capable d’accompagner les entreprises africaines dans leur expansion européenne et les groupes français dans leur implantation en Afrique de l’Ouest. Une passerelle stratégique qui pourrait redéfinir les dynamiques commerciales entre les deux continents.