Trafic d’opioïdes en afrique : le financement secret des ex-mercenaires de Wagner
Visitors wearing military camouflage stand at the entrance of the 'PMC Wagner Centre', associated with the founder of the Wagner private military group (PMC) Yevgeny Prigozhin, during the official opening of the office block on the National Unity Day, in Saint Petersburg, on November 4, 2022. (Photo by Olga MALTSEVA / AFP)
Trafic d’opioïdes en afrique : le financement secret des ex-mercenaires de Wagner
Trois ans après la disparition d’Evgueni Prigojine, les structures qu’il avait implantées en Afrique continuent de prospérer. Une récente investigation met en lumière un réseau d’opioïdes, notamment de tramadol, qui servirait de caisse de résilience aux anciens membres du groupe Wagner encore actifs sur le continent. Cette révélation éclaire d’un jour nouveau les mécanismes de financement de ces groupes après la chute de leur leader historique.
Un antidouleur détourné pour financer des activités illicites
Le tramadol, puissant opioïde initialement utilisé comme antidouleur, est au cœur d’un trafic florissant en République centrafricaine. Selon des sources concordantes, ce produit, surnommé « cocaïne des pauvres » pour son coût abordable et ses effets puissants, serait massivement détourné et commercialisé illégalement. Ces revenus illicites permettraient de maintenir à flot les opérations de certains anciens mercenaires restés sur place après la dissolution officielle du groupe.
Des effectifs réduits mais une activité persistante
Sur les quelque 5 000 combattants que comptait Wagner à son apogée, environ 500 seraient encore présents en République centrafricaine. Parmi eux, Pavel Prigojine, fils du défunt fondateur, figurerait parmi les figures clés de cette reconversion. Depuis la mort de son père, la Russie a progressivement transféré ses activités africaines vers des entités étatiques, mais des cellules indépendantes semblent avoir pris le relais, exploitant des filières criminelles pour assurer leur survie financière.
Un modèle économique criminel en pleine expansion
Ce trafic de tramadol illustre une stratégie de diversification des revenus pour ces groupes. En s’appuyant sur des réseaux locaux et des circuits de contrebande bien établis, les anciens mercenaires transforment une substance médicalement réglementée en un produit de contrebande ultra-rentable. Cette économie parallèle, difficile à démanteler, représente un défi majeur pour les autorités locales et les partenaires internationaux engagés dans la stabilisation de la région.
Risques sanitaires et sécuritaires
L’ampleur de ce trafic soulève des préoccupations majeures. Le tramadol, lorsqu’il est mal dosé ou mélangé à d’autres substances, peut entraîner des overdoses mortelles. Par ailleurs, l’argent généré par ces activités illicites alimente des groupes armés, compromettant les efforts de paix et de développement dans des pays déjà fragilisés par des conflits prolongés.