6 août 2026

Africa Solidaire

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Troisième mandat en RDC : les institutions sous contrôle du pouvoir

En République démocratique du Congo (RDC), la stratégie politique du président Félix Tshisekedi révèle une volonté manifeste de consolider son emprise sur les institutions. L’arrêt récent de la Cour constitutionnelle octroie au chef de l’État un outil juridique majeur : la possibilité de contourner la limite des deux mandats en instaurant un nouveau cadre républicain. Sous prétexte de « moderniser » des textes jugés obsolètes, le pouvoir installe progressivement un système où les institutions ne servent plus l’intérêt général, mais uniquement ses ambitions personnelles, plongeant le pays dans une dérive autoritaire sans précédent.

Sur le terrain, toute opposition est muselée. Les rassemblements pacifiques portés par les forces d’opposition sont systématiquement réprimés par les forces de l’ordre. Les arrestations arbitraires de personnalités politiques et de militants s’intensifient, tandis que les critiques, y compris celles de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), sont délibérément ignorées par Félix Tshisekedi.

Face à cette manœuvre évidente visant à lui permettre de briguer un troisième mandat, les alliés internationaux de Kinshasa observent un mutisme troublant. Les grandes puissances, de Washington à Paris en passant par Bruxelles, sacrifient les valeurs démocratiques congolaises sur l’autel des intérêts géostratégiques et sécuritaires, trahissant ainsi les aspirations profondes du peuple congolais.

Ce silence international, pour le moins déconcertant, contraste avec les réactions immédiates et fermes observées lors d’autres coups de force institutionnels ailleurs en Afrique. Pourtant, en RDC, les partenaires occidentaux semblent fermer les yeux sur une dérive qui menace pourtant la stabilité régionale.

Pour justifier leur complaisance, les chancelleries occidentales mettent en avant la guerre qui déchire l’est du pays, opposant le gouvernement aux rebelles du M23. Percevant Félix Tshisekedi comme un rempart, bien que fragile, contre l’effondrement total de la région des Grands Lacs, elles préfèrent ignorer les dérives autoritaires internes pour préserver leurs relations diplomatiques et sécuriser un accès aux ressources minières stratégiques, essentielles à leur transition énergétique.

Cette approche relève pourtant d’une erreur stratégique majeure. Organiser un référendum constitutionnel dans un contexte où plusieurs provinces de l’Est échappent au contrôle de l’État revient à priver des millions de Congolais de leurs droits démocratiques fondamentaux. Forcer un tel scrutin dans un pays en conflit, c’est ouvrir la porte à une partition de fait de la RDC.

En s’abstenant d’émettre une condamnation claire contre le projet de troisième mandat, l’ONU, l’Union européenne et l’Union africaine abandonnent le peuple congolais à son sort face à la tyrannie de Félix Tshisekedi. Elles envoient un message désastreux : la violation des principes démocratiques est tolérée dès lors qu’un régime se positionne comme un allié indispensable sur l’échiquier géopolitique.

Pour le Front pour la défense des droits et libertés (FDLA), le peuple congolais ne peut être otage des ambitions d’un seul homme ni du cynisme des puissances étrangères. Si la communauté internationale persiste à ignorer les alertes des Congolais et les mises en garde des Églises catholique et protestante, elle portera une part de responsabilité dans l’instabilité politique et la fragmentation qui menacent de plonger la RDC dans le chaos. Il est encore temps d’agir : respecter scrupuleusement la Constitution, exiger l’arrêt immédiat d’une transition déguisée en dictature et briser ce silence complice.

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