7 juillet 2026

Africa Solidaire

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Un ancien cadre de PASTEF se confie : ma rupture avec le leadership d’Ousmane Sonko

Témoignage d’un ancien cadre de Pastef : Pourquoi j'ai cessé de croire au leadership d'Ousmane Sonko (Par Lababa Faye)
Mon engagement au sein de PASTEF n’a jamais été motivé par la recherche d’un poste, ni par l’attrait des privilèges ou des honneurs. C’est une conviction profonde qui m’a guidé : celle de participer activement à l’édification d’un Sénégal plus équitable, plus transparent et profondément respectueux de l’État de droit.

J’ai traversé les années de lutte intense, marqué par des réunions discrètes, des intimidations et d’importants sacrifices. J’ai été témoin de l’abnégation de femmes et d’hommes qui ont renoncé à leur confort, parfois même à leur sécurité, pour défendre un idéal qui nous transcendait tous.

Lorsque notre vision politique a accédé au pouvoir, j’ai sincèrement cru que les plus grandes difficultés étaient derrière nous. Je pensais que le moment était enfin venu de gouverner avec humilité, dans le respect scrupuleux des institutions et en se dévouant exclusivement au service du peuple sénégalais. Cependant, mes certitudes se sont progressivement érodées.

Selon mon observation, les discussions internes se sont raréfiées. Toute forme de désaccord est devenue suspecte. L’esprit critique, pourtant fondamental pour toute organisation démocratique, semblait de moins en moins toléré. Nombreux sont ceux qui ont choisi le silence. D’autres ont quitté le mouvement discrètement, parfois par lassitude, parfois par une profonde déception.

C’est à ce stade que j’ai réalisé que le danger principal ne provenait plus seulement de nos adversaires politiques. Il pouvait désormais émaner de notre propre fonctionnement interne.

J’ai ensuite constaté une divergence de plus en plus marquée entre deux approches de l’exercice du pouvoir au Sénégal. D’un côté, celle d’un Président de la République qui assume pleinement les responsabilités conférées par la Constitution. De l’autre, celle d’un leadership politique dont l’influence me semblait dépasser le cadre d’un simple chef de parti.

À mes yeux, cette dualité était vouée à générer des tensions inévitables à long terme.

Le Sénégal n’a pas élu un homme providentiel. Il a choisi de s’appuyer sur des institutions républicaines solides. Dans une République, aucune personnalité, aussi populaire soit-elle, ne devrait, à mon sens, primer sur les règles fondamentales qui constituent l’État.

Pendant que les débats se concentrent sur des individualités, les préoccupations quotidiennes des citoyens sénégalais persistent : le coût de la vie, l’emploi des jeunes, l’accès à l’éducation et à la santé, le développement de l’agriculture, l’investissement et la création de richesses. C’est sur ces enjeux cruciaux que l’action publique devrait se focaliser prioritairement.

Mon engagement n’a jamais été un serment de fidélité à une personne. Il a toujours été un engagement envers des principes inaltérables.

Les hommes passent. La République demeure. Les institutions perdurent.

Et quand la loyauté envers une personnalité commence à supplanter la loyauté envers la République, il est du devoir de chacun de s’interroger en toute conscience.

Je ne rédige pas ces lignes par amertume. Je les écris avec une profonde gravité. Car je refuse catégoriquement de renoncer aux valeurs qui m’ont initialement poussé à m’engager.

Je continuerai à servir le Sénégal avec la même exigence : exprimer ce que je crois juste, défendre les institutions et placer l’intérêt national au-dessus de toute considération partisane.

L’histoire jugera les hommes. La conscience, quant à elle, nous éclaire chaque jour.

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