13 juin 2026

Africa Solidaire

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Burkina Faso : des gérants de dépôts pharmaceutiques réclament un statut et de meilleurs salaires

Les membres de l’Union des gérants et caissiers de dépôts pharmaceutiques publics du Burkina Faso, réunis en sixième assemblée générale ce samedi 6 juin 2026 à Ouagadougou, ont une nouvelle fois interpellé les autorités sur leurs conditions de travail. Ils réclament l’adoption d’un statut officiel pour une profession qu’ils jugent indispensable au bon fonctionnement du système de santé.

Cette assemblée générale, tenue sous le thème « La résilience des bénévoles au service du peuple », a été l’occasion pour les participants de faire part de leurs inquiétudes face à une situation qu’ils estiment de plus en plus alarmante.

Ousmane Bolly, président de l’Union, a souligné que de nombreux gérants exercent depuis plusieurs décennies sans cadre professionnel clairement défini. « Les personnes que vous voyez ici travaillent depuis 20 ou 30 ans, mais certaines ne perçoivent même pas le SMIG », a-t-il regretté.

L’organisation affirme représenter plus de 3 000 gérants répartis dans l’ensemble des districts sanitaires du pays.

L’absence de statut au cœur des difficultés

Pour les responsables de l’Union, le principal problème demeure l’absence d’un texte réglementaire encadrant le métier de gérant ou de caissier de dépôt pharmaceutique public. Cette situation placerait ces travailleurs dans une grande vulnérabilité, les exposant à des licenciements qu’ils qualifient d’abusifs lorsqu’ils revendiquent une amélioration de leurs conditions de travail.

Selon Ousmane Bolly, certains agents craignent même d’afficher publiquement leur appartenance à l’Union par peur de représailles professionnelles.

Des salaires jugés insuffisants

Les participants ont également dénoncé le faible niveau de rémunération accordé à ces agents. Avec des revenus oscillant souvent entre 20 000 et 25 000 FCFA par mois, ils estiment ne plus être en mesure de faire face à l’augmentation du coût de la vie.

Pourtant, soulignent-ils, les gérants de dépôts pharmaceutiques assurent quotidiennement la distribution des médicaments et accueillent les patients dans des structures sanitaires parfois fortement sollicitées.

Des démarches engagées depuis plusieurs années

L’Union affirme avoir multiplié les initiatives depuis 2020 afin d’obtenir une amélioration de sa situation.

  • des rencontres avec les ministères en charge de la Santé et de la Fonction publique ;
  • des audiences auprès de la Présidence du Faso ;
  • la participation à plusieurs ateliers de réflexion sur la gestion des structures pharmaceutiques.

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Malgré ces démarches, les responsables de l’organisation regrettent l’absence d’avancées concrètes. L’Union indique avoir réalisé un recensement complet de ses membres et transmis les données aux autorités compétentes afin de faciliter la mise en place d’un cadre de régularisation.

Elle plaide désormais pour une implication plus forte de l’État dans la revalorisation de cette profession, estimant que les ressources générées par les dépôts pharmaceutiques ne permettent pas, à elles seules, d’assurer une amélioration durable des conditions de travail.

En clôture de l’assemblée générale, Ousmane Bolly a salué la mobilisation des participants tout en appelant les autorités à apporter une réponse rapide à leurs préoccupations.

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