Burkina Faso : les critères actualisés pour reconnaître une localité comme ville
Le gouvernement du Burkina Faso a franchi une étape majeure dans la gestion des espaces urbains en adoptant, lors d’une réunion du Conseil des ministres présidée par le Capitaine Ibrahim Traoré, un décret redéfinissant les critères permettant de qualifier une localité de ville.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte où l’urbanisation s’accélère, transformant les dynamiques territoriales et posant des défis majeurs en matière de sécurité, de démographie et de développement socio-économique.
Une définition renouvelée pour refléter les réalités contemporaines
Le texte adopté établit désormais qu’une localité peut être considérée comme une ville si elle remplit plusieurs conditions précises au sein d’une commune pleinement opérationnelle :
- une zone bâtie de manière ininterrompue ;
- une population minimale de 15 000 habitants ;
- un réseau d’adduction d’eau potable fonctionnel ;
- un accès permanent à l’électricité ;
- une infrastructure de transport développée ;
- une économie principalement axée sur les secteurs secondaire et tertiaire.
Par ailleurs, le décret reconnaît systématiquement comme villes les chefs-lieux de province ainsi que les chefs-lieux de communes de plein exercice, indépendamment de leur nombre d’habitants.
Une classification urbaine pour des politiques ciblées
Le nouveau cadre introduit une segmentation des centres urbains en trois catégories distinctes :
- les métropoles ;
- les villes moyennes ;
- les petites villes.
Cette répartition vise à affiner les stratégies de planification territoriale et à adapter les politiques publiques aux spécificités de chaque type de ville, qu’il s’agisse d’infrastructures, de services publics ou de développement économique.
Un levier pour une planification urbaine moderne
Pour les autorités, cette réforme représente une mise à jour indispensable, car la définition précédente, datant de la Politique nationale de l’habitat et du développement urbain de 2008, ne correspondait plus aux enjeux actuels du pays.
Le décret offre ainsi un outil actualisé pour guider les actions de l’État et des collectivités locales, facilitant une gestion plus efficace des territoires, une meilleure allocation des ressources et une gouvernance adaptée aux mutations en cours.