31 mai 2026

Africa Solidaire

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Burkina Faso : les dissolutions massives d’ong et associations sous le feu des critiques

Une décision controversée qui alimente les tensions

Au Burkina Faso, la récente dissolution de 118 ONG et associations suscite une vive inquiétude parmi les défenseurs des droits humains. Ousmane Diallo, chercheur senior sur le Sahel au Bureau régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, a vivement réagi à cette mesure, la qualifiant d’atteinte grave au droit à la liberté d’association.

Selon lui, cette décision bafoue la Constitution burkinabè, qui protège expressément la liberté d’association et de syndicalisation. Les amendements constitutionnels récents n’ont jamais remis en cause ce principe fondamental, rappelle-t-il.

Cette vague de dissolutions s’inscrit dans une stratégie délibérée visant à museler la société civile à travers des mesures coercitives et répressives.

Ousmane Diallo, chercheur senior sur le Sahel, Amnesty International

L’expert souligne que cette décision contredit les engagements internationaux du Burkina Faso, notamment ceux prévus par la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples ainsi que le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

Une société civile sous pression constante

Les organisations de la société civile jouent un rôle pivot dans la défense des droits humains et la promotion de l’État de droit. Leur dissolution forcée représente un danger majeur pour la démocratie au Burkina Faso.

Ousmane Diallo insiste sur la nécessité pour les autorités de révoquer immédiatement cette décision et de garantir un environnement sûr pour l’exercice des activités associatives. Il dénonce également une multiplication des restrictions :

  • L’adoption de législations abusives ;
  • L’intimidation systématique des militants ;
  • Les arrestations arbitraires et poursuites judiciaires contre les défenseurs des droits humains.

Un contexte politique et sécuritaire tendu

Cette vague de dissolutions s’inscrit dans un contexte politique particulièrement lourd. Le 15 avril 2026, le ministère de l’Administration territoriale et de la Mobilité a officialisé la dissolution de 118 structures associatives « conformément à la législation en vigueur », sans préciser les motifs.

Ce mouvement s’ajoute à d’autres décisions controversées prises ces dernières années :

  • La dissolution de tous les partis politiques en janvier 2026, après une suspension de trois ans ;
  • L’imposition, en novembre 2025, d’un transfert obligatoire des comptes bancaires des ONG vers une banque publique, risquant de faciliter un contrôle financier arbitraire et des sanctions ciblées.

Par ailleurs, le Burkina Faso est dirigé par un régime militaire depuis deux coups d’État survenus en janvier et septembre 2022. En mai 2024, la transition, initialement prévue pour s’achever le 2 juillet 2024, a été prolongée de cinq ans, prolongeant ainsi l’incertitude politique.

Pourquoi cette répression menace-t-elle l’avenir du pays ?

Les experts s’alarment : la restriction de l’espace civique et la répression des voix dissidentes risquent d’aggraver les tensions sociales et de fragiliser davantage la stabilité du pays. Les organisations de la société civile sont des acteurs clés pour alerter sur les violations des droits humains et proposer des solutions durables.

Sans elles, le risque de dérive autoritaire et de violations massives des libertés fondamentales s’accroît. Les autorités burkinabè doivent impérativement revenir sur ces mesures et respecter leurs obligations internationales en matière de droits humains.

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