28 avril 2026

Burkina Faso : une loi controversée contre l’homosexualité adoptée par l’assemblée

Burkina Faso : une loi controversée contre l’homosexualité adoptée par l’assemblée

Le 1er septembre, l’Assemblée législative de transition du Burkina Faso a adopté une loi qui criminalise les relations homosexuelles consenties. Cette décision marque un recul significatif pour les droits des personnes LGBT, instaurant une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison et des amendes financières. Une mesure jugée discriminatoire et attentatoire aux libertés individuelles.

Cette nouvelle réglementation s’inscrit dans un contexte de restriction accrue des libertés au Burkina Faso. Elle vise non seulement les personnes LGBT, mais s’ajoute à une série de mesures répressives visant l’opposition politique, les médias et les mouvements de contestation pacifique.

une loi inédite dans le paysage juridique burkinabè

Contrairement à de nombreux pays africains, le Burkina Faso n’avait pas hérité de dispositions légales héritées de la colonisation interdisant les relations homosexuelles. Cette loi représente donc une innovation juridique dans le pays, adoptée à l’unanimité par les 71 membres de l’Assemblée. Elle sanctionne tout « comportement de nature à promouvoir les pratiques homosexuelles » par des peines de prison et des amendes.

Le ministre de la Justice et des Droits humains, Edasso Rodrigue Bayala, a justifié cette décision en invoquant « les aspirations profondes de la société burkinabè » et « le respect des valeurs culturelles ». Une argumentation qui soulève des questions sur la conformité de cette loi avec les engagements internationaux du pays.

une violation des droits humains et des engagements internationaux

Cette loi contrevient aux obligations légales du Burkina Faso au regard de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples ainsi que du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Plusieurs pays africains, comme le Botswana ou la Namibie, ont récemment aboli des lois similaires, reconnaissant leur incompatibilité avec les droits fondamentaux.

Au-delà de la question juridique, cette criminalisation expose les personnes LGBT à un risque accru de violences et d’abus. En 2014, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples avait appelé les États à mettre fin aux discriminations basées sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre.

quelles solutions pour le président Ibrahim Traoré ?

Le président de la junte, Ibrahim Traoré, dispose d’une opportunité de rectifier cette mesure. Plutôt que de promulguer le Code des personnes et de la famille dans sa version actuelle, il pourrait le renvoyer à l’Assemblée pour une révision. Une telle initiative permettrait d’aligner la législation burkinabè sur les standards internationaux en matière de droits humains, garantissant à chacun le droit à la non-discrimination et à la vie privée.

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