Cameroon : des cadavres non réclamés dans les morgues, une situation préoccupante en Afrique subsaharienne
Des formations sanitaires situées au cœur des grandes villes du Cameroun sont de manière régulière confrontées à des dizaines de corps non réclamés par des familles. Cette situation rend complexe la gestion des capacités d’accueil et de conservation, entraînant de nombreux risques.
Des corps sans vie peuvent longtemps séjourner dans des chambres froides des hôpitaux sans qu'aucun propriétaire se présente. À Douala, à Yaoundé ou à Bafoussam, la récurrence de cette situation est problématique.
Le directeur de l'hôpital général de Yaoundé a signalé la présence à la morgue dudit hôpital de 80 corps non réclamés. Certains sont identifiés, tandis que d’autres ne le sont pas.
Les cadavres proviennent de différents quartiers et ont été conduits à la morgue par des brigades de gendarmerie, des brancardiers des hôpitaux, des mairies et des commissariats. Le directeur de l'hôpital prie les familles de passer à la morgue pour identifier les personnes dont les noms sont listés.
En attendant le dénouement, il convient de relever que cette situation ne concerne pas seulement la morgue de l’hôpital Centrale de Yaoundé. À Bafoussam, les autorités ont procédé à l’inhumation de 42 corps non réclamés dans une fosse commune le 16 avril 2025.
Le directeur de l'hôpital de Bafoussam a expliqué que la morgue de sa formation sanitaire a une capacité précise. Les délestages fréquents rendent les odeurs insupportables et le service impraticable.
Leur accumulation réduit l'espace de stockage, augmente la consommation d'énergie électrique et expose des vivants à des risques sanitaires. Le phénomène, causé aussi bien par la précarité de la situation de certaines familles que par l’irresponsabilité de certaines personnes, entraîne des conséquences financières sur les formations sanitaires.