15 juin 2026

Africa Solidaire

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Cameroon : les preuves accablantes de l’assassinat du journaliste Martinez Zogo projetées au tribunal

Cameroon : les preuves accablantes de l’assassinat du journaliste Martinez Zogo projetées au tribunal

Les audiences des 1er et 2 juin 2026 au Tribunal militaire de Yaoundé ont marqué un tournant historique dans l’enquête sur l’assassinat du journaliste Martinez Zogo. Les révélations issues du rapport forensique du professeur Georges Bell Bitjoka, expert en cybersécurité et 32e témoin clé de l’accusation, ont bouleversé l’opinion publique et les débats judiciaires.

Des vidéos insoutenables projetées en audience

L’expert a analysé les téléphones et comptes numériques des accusés, mettant au jour des preuves accablantes : trois vidéos montrant les dernières heures de Martinez Zogo. Ces enregistrements, découverts dans le compte Google d’un accusé, ont été projetés en audience le 1er juin, suscitant une émotion intense parmi les présents. Malgré une suspension temporaire, ces images ont révélé l’horreur de la séquestration et de la torture infligées au journaliste.

Les séquences montrent Martinez Zogo ligoté, couvert de sang, l’oreille gauche partiellement tranchée, implorant désespérément ses bourreaux. Ces preuves visuelles, d’une violence extrême, ont renforcé la détermination des parties civiles à obtenir justice.

Un rapport forensique aux conclusions accablantes

Le professeur Georges Bell Bitjoka a confirmé l’origine des fichiers : « Ces preuves numériques proviennent officiellement du compte Google Cloud du maréchal des logis Godje Oumarou Vincent, ancien agent de la DGRE en fuite. » Son analyse technique a également établi des liens directs entre Justin Danwe, ex-directeur des opérations de la DGRE, et l’exécution de l’opération criminelle.

Parmi les révélations majeures : un circuit financier impliquant une somme de 35 millions de FCFA a été évoqué lors des débats. Les échanges entre les accusés, bien que partiellement effacés, laissent entrevoir une planification méthodique du crime.

Des liens technologiques encore flous pour certains accusés

Si les preuves numériques pointent clairement vers plusieurs accusés, dont Léopold Maxime Eko Eko (ex-patron de la DGRE) et l’homme d’affaires Jean-Pierre Amougou Belinga, les données extraites ne permettent pas encore d’établir un lien technologique direct. 30% des communications de l’un et 18% de l’autre restent inexploitables, notamment en raison de suppressions volontaires de conversations avec Justin Danwe.

Des débats tendus autour de la méthodologie forensique

Le 2 juin, les débats ont repris dans une atmosphère pesante. Le professeur Georges Bell Bitjoka a été soumis à un interrogatoire croisé par le ministère public et les avocats de la défense. Ces derniers ont contesté la rigueur de l’analyse technique, tandis que les parties civiles ont salué les avancées majeures du rapport.

L’expert a rappelé qu’il s’est limité à une analyse scientifique des surfaces numériques, sans interprétation juridique ni jugement moral. Les avocats des ayants droit de Martinez Zogo ont souligné certaines réserves quant à l’exhaustivité des données, tout en reconnaissant leur rôle clé dans la progression de l’enquête.

Prochaines étapes : un procès à suivre de près

Le Tribunal militaire de Yaoundé a clos cette session tard dans la nuit du 2 juin. Les prochaines audiences, prévues les 22 et 23 juin 2026, s’annoncent déterminantes pour la suite de la procédure. Les débats devraient se concentrer sur les éléments matériels et les responsabilités pénales.

Ce procès, marqué par des révélations choquantes et des enjeux judiciaires majeurs, reste sous haute surveillance. La société civile et les proches de Martinez Zogo espèrent que ces preuves permettront enfin d’éclaircir les zones d’ombre et de rendre justice.

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