15 juin 2026

Africa Solidaire

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Crise à l’est de la RDC : le Burundi réclame une intervention urgente de la communauté internationale

Crise à l’est de la République démocratique du Congo : le Burundi alerte sur l’urgence d’une intervention internationale

Face à l’aggravation de la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), le Burundi, actuellement à la tête de l’Union africaine, tire la sonnette d’alarme. Le ministre burundais des Affaires étrangères, Édouard Bizimana, a exhorté, lors d’une rencontre avec son homologue congolais Floribert Anzuluni à Bujumbura, la communauté internationale à renforcer son engagement pour faire respecter les accords de paix conclus récemment.

Un appel à l’action après l’échec des accords de Washington

L’accord de paix de Washington, signé en présence du président américain Donald Trump entre Félix Tshisekedi (RDC) et Paul Kagame (Rwanda), n’a pas produit les effets escomptés. Malgré des retours de populations réfugiées dans leurs foyers, de nombreuses zones restent sous la menace des violences. Les forces gouvernementales congolaises et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, continuent de s’affronter, plongeant la région dans une insécurité persistante.

« Les accords signés entre la RDC et le Rwanda, avec la médiation des États-Unis, n’ont pas été pleinement respectés. Des zones restent en proie à l’insécurité, forçant les populations à fuir vers les pays voisins. Une intervention accrue de la communauté internationale est indispensable pour soutenir les initiatives régionales en cours. »

— Édouard Bizimana, ministre burundais des Affaires étrangères

Des relations bilatérales renforcées malgré la crise

Lors de cette rencontre, les deux ministres ont réaffirmé leur volonté de consolider les liens entre le Burundi et la RDC. Plusieurs sujets d’intérêt commun ont été abordés, notamment la construction de l’ambassade du Burundi à Kinshasa, la gestion du Secrétariat exécutif de la CIRGL (Conférence internationale sur la région des Grands Lacs), et la préparation du prochain sommet des chefs d’État de cette organisation dont la RDC assure actuellement la présidence.

Floribert Anzuluni, ministre congolais de l’Intégration régionale, a salué les efforts diplomatiques du Burundi, en particulier son rôle dans la mobilisation de l’aide humanitaire pour les réfugiés congolais présents au Burundi. Une réunion de la Troïka de la CIRGL est en préparation pour évaluer la situation sécuritaire et les contributions financières des États membres.

Un engagement continental pour la paix

Le Burundi, sous la présidence d’Évariste Ndayishimiye, a réaffirmé son engagement à mettre fin aux conflits sur le continent africain. Cette priorité s’inscrit dans la continuité des objectifs fixés lors de l’investiture du président burundais à la tête de l’Union africaine, succédant à João Lourenço de l’Angola.

Une alliance militaire stratégique face à l’insécurité

La RDC et le Burundi, liés par un accord bilatéral de défense signé en mars 2023, unissent leurs forces pour contrer l’insécurité dans l’est de la RDC. Bujumbura a déployé des milliers de soldats pour soutenir l’armée congolaise (FARDC) et sécuriser la frontière commune. Cette collaboration militaire s’appuie sur plusieurs axes de coopération.

Malgré les discussions menées à Montreux (Suisse) en avril 2026 et à Doha (Qatar), les accusations de violations du cessez-le-feu et de non-respect des engagements persistent. Chaque partie interprète différemment les termes de l’Accord de Washington, rendant difficile sa mise en œuvre effective. Cette impasse diplomatique, sous le regard des médiateurs internationaux (États-Unis et Qatar), aggrave la crise sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo.

En bref : les points clés à retenir

  • L’accord de Washington n’a pas stoppé les violences dans l’est de la RDC, malgré sa signature en présence de Donald Trump.
  • Le Burundi, président de l’Union africaine, demande une intervention accrue de la communauté internationale.
  • Les relations entre le Burundi et la RDC se renforcent, notamment sur les plans diplomatique et humanitaire.
  • Une alliance militaire est en place pour sécuriser la frontière et soutenir les FARDC.
  • Les médiateurs internationaux (États-Unis, Qatar) peinent à faire respecter l’accord.

Photo : Échange entre Édouard Bizimana (Burundi) et Floribert Anzuluni (RDC) lors de leur rencontre à Bujumbura.

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