21 juillet 2026

Africa Solidaire

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Cameroun : l’absence prolongée du président biya interroge les institutions

Le Cameroun face à l’absence prolongée du président Biya : quelles solutions pour les institutions ?

 

Le président Paul Biya, parti du Cameroun le 7 juin 2026 pour un séjour privé en Europe, n’a toujours pas regagné Yaoundé après plus de 40 jours d’absence. La communication officielle, limitée à une brève note du Cabinet civil, n’a apporté aucune précision sur les raisons ou la durée de ce déplacement. Pourtant, des rumeurs persistantes évoquent une destination helvétique sans que ni la presse ni les autorités ne confirment cette information. Cette situation inhabituelle alimente les interrogations et les spéculations parmi les Camerounais.

Sur le territoire national, l’inquiétude grandit. Des citoyens, soutenus par certains responsables politiques, s’interrogent sur les conséquences d’une telle absence prolongée pour la stabilité des institutions. Patricia Tomaino Ndam Njoya, présidente de l’Union démocratique du Cameroun (UDC), a réagi publiquement en dénonçant le silence entourant cette situation. Elle souligne l’urgence de clarifier les mécanismes de continuité de l’action publique et de garantir l’exercice effectif des responsabilités présidentielles.

Pour l’UDC, la constitution révisée en avril 2026 offre une réponse : la nomination d’un vice-président de la République. Un poste vacant depuis des mois, alors que la situation exige une solution immédiate. Le parti appelle ainsi à un encadrement strict des absences prolongées du chef de l’État, avec des règles précises et des délais imposés. Il exige également une information transparente et régulière à destination de la nation et du Parlement, ainsi qu’une procédure claire pour constater un éventuel empêchement définitif.

Cette absence coïncide avec une période charnière pour le Cameroun. Depuis son réélection pour un huitième mandat, le président Biya avait promis une refonte de son équipe gouvernementale pour concrétiser sa vision politique. Pourtant, plus de six mois après, le gouvernement attendu n’a toujours pas été formé. Par ailleurs, la révision constitutionnelle d’avril 2026 prévoyait officiellement la création du poste de vice-président, un vide institutionnel qui suscite des craintes de blocage au sommet de l’État.

Les tensions se sont encore accrues avec l’apparition de décrets présidentiels frauduleux diffusés sur la chaîne nationale, menaçant de plonger le pays dans une crise institutionnelle. À quelques semaines des élections législatives et municipales, cette instabilité agite déjà les formations politiques, y compris le parti au pouvoir. Le comité central du RDPC, principal parti de la majorité, a d’ailleurs convoqué une réunion statutaire pour le 21 juillet 2026, dans un contexte où son président reste absent du territoire.

Face à ce vide institutionnel, l’UDC rappelle que la transparence et la légalité doivent primer. Le parti exige des réponses sur la continuité de l’État et la capacité des institutions à assumer leurs missions en l’absence du président. Une question qui dépasse le cadre politique pour toucher à la stabilité même du Cameroun.

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