15 septembre 2026

Africa Solidaire

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Cameroun : l’audition décisive du colonel Otoulou dans l’affaire Martinez Zogo

L’enquête sur la mort tragique du journaliste camerounais Martinez Zogo a connu un nouveau rebondissement judiciaire. Le colonel Jean-Pierre Otoulou, figure centrale de l’instruction, a été entendu lors d’une audience très attendue. Face aux magistrats, l’officier a défendu la solidité de son travail d’investigation, assurant disposer d’éléments matériels accablants.

Des preuves pointant vers Bruno Bidjang

Parmi les pièces versées au dossier, le colonel Otoulou a mis en avant des échanges démontrant que Bruno Bidjang, collaborateur de l’homme d’affaires Jean-Pierre Amougou Belinga, avait tenté d’obtenir des informations sur les investigations le visant directement. Une démarche qui, selon l’enquêteur, prouve l’implication de l’entourage de l’un des principaux accusés dans la machination.

De son côté, Bruno Bidjang a farouchement contesté ces accusations, plaidant son innocence. Mais pour Maître Calvin Job, avocat des ayants droit de Martinez Zogo, ces manœuvres confirment les soupçons initiaux : « Cela révèle simplement ce dont on se doutait depuis le départ. Il a effectivement essayé d’infiltrer cette commission mixte dans une enquête qui était censée le concerner », a-t-il déclaré.

Justin Danwe reconnaît les faits mais invoque des ordres

L’audition a également été marquée par les déclarations du lieutenant-colonel Justin Danwe, membre de la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE). Ce dernier a reconnu avoir orchestré la filature, l’enlèvement et la torture de Martinez Zogo. Il a aussi admis avoir constitué les équipes opérationnelles avec des agents de la DGRE. Cependant, il affirme avoir agi sur instruction de sa hiérarchie, sans toutefois fournir de preuves écrites de ces ordres.

La défense d’Eko Eko pointe une initiative personnelle

Pour les conseils de Léopold Maxime Eko Eko, directeur général des renseignements généraux à l’époque des faits, cette version ne tient pas. « Il est allé à une mission sans recevoir d’ordre de mission ni de financement. Lorsqu’il en revient, il ne fait aucun compte rendu à la hiérarchie. Conclusion simple : c’est une initiative personnelle du colonel Danwe », a tranché Maître Ndjana Ndjana. Une ligne de défense qui vise à disculper son client en rejetant la responsabilité sur l’officier subalterne.

Le lieu de la torture au cœur des débats

Autre point sensible de cette audition : le lieutenant-colonel Danwe a maintenu que la torture de Martinez Zogo n’avait pas eu lieu dans l’immeuble Ekang, propriété de Jean-Pierre Amougou Belinga. Une affirmation qui contredit certaines conclusions de l’enquête et qui pourrait peser lourd dans la suite des débats.

Alors que l’instruction se poursuit, cette audience cruciale a permis de mettre en lumière les zones d’ombre qui subsistent autour de l’assassinat du journaliste. Les prochaines étapes devraient permettre de confronter les différentes versions et de déterminer les responsabilités de chacun dans ce dossier qui secoue profondément le Cameroun.

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