14 juin 2026

Africa Solidaire

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Cameroun : prometal obtient un accès direct aux barrages hydroélectriques

Le gouvernement camerounais a pris une décision stratégique en faveur de Prometal, un acteur majeur de la transformation de l’acier au Cameroun et en Afrique centrale. Désormais, ce groupe industriel pourra s’alimenter en électricité directement auprès de l’Electricity Development Corporation (EDC), l’entreprise publique gestionnaire des infrastructures hydroélectriques du pays. Cette autorisation porte sur une capacité de 90 mégawatts, avec des négociations décisives prévues du 8 au 12 juin 2026 au siège du Premier ministre, à Yaoundé. Une note administrative, signée le 1er juin 2026 par le secrétaire général Séraphin Magloire Fouda et destinée au ministre de l’Eau et de l’Énergie Gaston Eloundou Essomba, détaille les modalités d’application de cette mesure.

une première pour le secteur industriel camerounais

Lors de ces rencontres, les discussions se concentreront sur deux aspects clés : la tarification avantageuse accordée à Prometal depuis février 2025 et la finalisation des accords contractuels. Deux documents seront établis : un contrat de fourniture d’électricité entre EDC et Prometal, ainsi qu’un contrat de compensation entre EDC et la Société camerounaise d’électricité (Socadel), récemment restructurée à partir d’Eneo. Une fois ces textes signés, Prometal rejoindra le cercle restreint des industriels camerounais bénéficiant d’un raccordement direct aux barrages, après la Compagnie camerounaise de l’Aluminium (Alucam).

L’exemple d’Alucam influence fortement ce nouveau modèle. Considéré comme le plus grand consommateur d’électricité du Cameroun, avec des besoins ayant atteint jusqu’à 40 % de la production nationale, ce géant de l’aluminium est connecté au barrage d’Edéa. Les infrastructures d’Edéa et de Songloulou relèvent désormais du portefeuille de Socadel. Prometal, quant à lui, sera approvisionné via les ouvrages gérés par EDC, notamment le barrage de Lom Pangar et son usine de 30 MW, ainsi que le barrage de Memve’élé, dont la capacité maximale atteint 211 MW.

une demande énergétique en forte croissance

Ce changement de mode d’approvisionnement coïncide avec l’expansion industrielle de Prometal. Avec cinq unités déjà opérationnelles dans la zone industrielle de Douala-Bassa — Prometal 1, 2 et 3, Profab et Progaz — ses besoins en électricité ont connu une progression spectaculaire : de 26 MW en 2024 à 40 MW en 2025. Les prévisions tablent sur une demande de 60 MW en 2026, puis de 90 MW en 2027, avec l’inauguration de Proalu, une nouvelle usine dédiée à la fabrication de tôles d’aluminium et de câbles électriques.

Pour un industriel de cette envergure, sécuriser son approvisionnement électrique et maîtriser le coût du kilowattheure sont des impératifs pour rester compétitif. Le réseau traditionnel, marqué par des déséquilibres persistants entre production, transport et distribution, ne permettait plus de répondre à cette demande croissante sans compromettre la continuité des activités. Le raccordement direct à EDC offre une solution en alignant la tarification sur les droits d’eau, sans passer par les maillons intermédiaires du système.

edc mise sur prometal pour relancer ses investissements

Du côté d’EDC, l’intérêt de cette collaboration dépasse le simple cadre industriel. Le modèle économique de l’entreprise repose sur la perception des droits d’eau, dont les recettes financent de nouveaux projets. Cependant, les retards de paiement de Socadel, son principal client, ont mis à mal cette dynamique. L’arrivée de Prometal, en tant que partenaire solvable, redonne une marge de manœuvre à la trésorerie d’EDC. Plusieurs chantiers attendent désormais un financement : l’extension de la centrale de Mbakaou (portée à 400 MW), le projet Memve’élé 2, ainsi qu’une future centrale solaire de 50 MW prévue sur le site de Memve’élé.

L’impact financier de Prometal sur le secteur électrique camerounais est loin d’être négligeable. Entre 2016 et 2025, le groupe a versé 42 milliards de FCFA à Eneo (devenue Socadel) et à la Société nationale de transport d’électricité (Sonatrel), soit une moyenne annuelle de 4,2 milliards de FCFA injectés dans la filière. Le transfert de ces flux vers EDC pourrait rééquilibrer les relations entre les acteurs du secteur et accélérer l’optimisation du segment patrimonial.

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