Consultations politiques au Burundi : la c64 et les leaders religieux rencontrent ndayishimiye
À l’approche de la marche prévue par la coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64), plusieurs figures majeures de l’opposition congolaise et des représentants des principales confessions religieuses ont fait le déplacement jusqu’à Bujumbura. Leur objectif ? Participer aux consultations politiques organisées par le président burundais Évariste Ndayishimiye, également président en exercice de l’Union africaine, afin d’aborder les crises politique, sécuritaire et institutionnelle qui secouent la République démocratique du Congo.
Cette démarche diplomatique survient dans un contexte de tensions croissantes en RDC, justifiant ainsi le report de la marche de la C64, désormais reportée au 22 juillet.
Une rencontre historique entre la C64 et les autorités religieuses
Les consultations à Bujumbura rassemblent les principaux acteurs de la coalition C64, aux côtés des délégués de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), de l’Église du Christ au Congo (ECC) ainsi que de la Plateforme des confessions religieuses, incluant les Églises de Réveil.
« La délégation compte des prêtres, des pasteurs et des représentants des Églises de Réveil. Ejiba Yamampia en fait également partie. Quant à la coalition C64, l’ensemble de ses membres participe à ces échanges. »
Le programme prévoit d’abord des entretiens séparés avec les responsables religieux, suivis d’une audience avec les dirigeants de la C64. Une session collective réunissant l’ensemble des participants est ensuite prévue en présence du président burundais.
La coalition d’opposition a exprimé une exigence non négociable : être reçue en bloc.
« Les membres de la C64 ne seront pas reçus individuellement. Ils le seront tous ensemble, conformément à notre demande, qui a été acceptée. »
Le report de la marche nationale : un choix stratégique
Ces consultations à Bujumbura ont conduit les leaders de l’opposition à ajuster leur calendrier. La manifestation initialement prévue pour le 8 juillet a été décalée au 22 juillet.
Dans leur déclaration commune, Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund, Delly Sesanga et Augustin Matata Ponyo ont souligné avoir répondu à l’invitation d’Évariste Ndayishimiye « par sens des responsabilités ». Ils estiment que toute initiative visant à préserver l’ordre constitutionnel mérite d’être étudiée.
La coalition promet d’utiliser cette plateforme pour exprimer, avec force et clarté, les inquiétudes de la population congolaise ainsi que les menaces pesant sur la démocratie et les institutions du pays.
L’Union africaine mise sur le dialogue pour résoudre la crise congolaise
Cette médiation s’inscrit dans la continuité de la récente visite officielle d’Évariste Ndayishimiye à Kinshasa. Aux côtés du président Félix Tshisekedi, il avait souligné l’importance de préserver la stabilité institutionnelle et l’unité nationale, face aux défis sécuritaires persistants dans l’est de la RDC.
Le chef de l’État burundais, en tant que président en exercice de l’Union africaine, a appelé les forces politiques et sociales congolaises à privilégier le dialogue plutôt que l’affrontement. Il a également salué l’ouverture manifestée par les autorités congolaises.
Une fois les consultations de Bujumbura achevées, l’attention se portera sur le 22 juillet, nouvelle date retenue par la coalition C64 pour sa marche nationale. Son objectif reste inchangé : défendre l’ordre constitutionnel et remettre un mémorandum au président Félix Tshisekedi.