Coup dur pour le Mali : les États-Unis pourraient frapper le JNIM
WASHINGTON D.C., USA - April 7, 2025: United States President Donald Trump meets with Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu in the White House in Washington DC.
Les États-Unis envisagent des frappes contre le JNIM au Mali : un tournant sécuritaire ?
L’administration américaine de Donald Trump étudie sérieusement la possibilité de lancer des frappes ciblées contre le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al Qaïda, au Mali. Cette initiative, évoquée dans les cercles politiques et militaires, survient alors que la situation sécuritaire se dégrade rapidement au Sahel, et que les forces locales soutenues par l’Africa Corps peinent à inverser la tendance face aux groupes armés.

Une option militaire en débat à Washington
Cette hypothèse divise profondément les responsables américains. Certains, comme Sebastian Gorka, directeur principal de la lutte antiterroriste au Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche, prônent une action militaire directe contre le JNIM. D’autres, plus prudents, soulignent les risques d’escalade dans une région déjà instable.
Un haut responsable du gouvernement a déclaré sous couvert d’anonymat que Washington n’a ni confirmé ni infirmé ces rumeurs, mais a insisté sur la nécessité pour les pays d’Afrique de l’Ouest et du Nord de renforcer leurs capacités militaires en s’appuyant sur les équipements et services américains. Il a également qualifié le terrorisme au Sahel de « menace transnationale » et appelé à une coordination accrue entre les partenaires régionaux et les alliés de l’OTAN pour soutenir l’Alliance des États du Sahel dans sa lutte contre le JNIM et l’État islamique.
Le même responsable a pointé du doigt la Russie, accusant Moscou d’être un « partenaire inefficace » dans la lutte contre le terrorisme au Mali. Selon lui, l’engagement russe, via l’Africa Corps, n’a pas permis d’améliorer significativement la situation, malgré les moyens déployés.
Le Pentagone et le Département d’État ont tous deux refusé de commenter cette possible évolution stratégique. Ce dernier a simplement réaffirmé la condamnation américaine des activités terroristes au Mali, rappelant que le JNIM est classé comme organisation terroriste étrangère par les États-Unis depuis 2018.
L’Africa Corps en difficulté face aux offensives du JNIM
Cette réflexion intervient dans un contexte où la situation militaire se détériore de jour en jour. Le JNIM, en coordination avec le Front de libération de l’Azawad (FLA), a multiplié les attaques contre les forces maliennes et leurs alliés. En avril dernier, une offensive conjointe a permis aux groupes armés de s’emparer de plusieurs positions stratégiques dans le nord du pays, marquant l’une des plus importantes avancées ennemies depuis des années.
Face à cette menace, l’Africa Corps, structure créée par le ministère russe de la Défense pour remplacer le groupe Wagner, a adapté sa stratégie. Selon des analystes spécialisés, les forces russes concentrent désormais leurs efforts sur la protection de Bamako et des infrastructures critiques, réduisant leur présence dans les zones reculées du nord. Une décision qui reflète les difficultés rencontrées par les troupes maliennes et leurs partenaires à reprendre le contrôle des territoires perdus.
Plusieurs observateurs indépendants soulignent que, malgré les moyens importants déployés, les objectifs initiaux de ce partenariat sécuritaire entre le Mali et la Russie n’ont pas été atteints. Les critiques pointent également du doigt les accusations répétées de violations des droits humains impliquant des militaires maliens et des membres de l’Africa Corps, notamment dans la région de Tombouctou.
Si les États-Unis décidaient de s’engager militairement, cela marquerait un revirement majeur de leur politique au Sahel. Après le retrait progressif des forces occidentales de plusieurs pays de la région et le rapprochement du Mali avec la Russie, Washington semble désormais envisager un retour plus direct dans la lutte contre les groupes djihadistes. Aucune décision n’a encore été prise, mais les discussions se poursuivent activement au sein de l’administration Trump.