Crise humanitaire à Bamako après la destruction de Faladiè
Démolition du marché de Faladiè : plus de 300 familles sans abri à Bamako
Le marché à bétail de Faladiè, situé en périphérie de Bamako, a été rasé par des bulldozers, laissant plus de 300 familles sans logement. Ce site abritait également un camp de déplacés internes, principalement originaires du centre du Mali, contraints de fuir les violences djihadistes.
Une opération liée à la sécurité nationale
Cette démolition s’inscrit dans un contexte de mesures sécuritaires renforcées. En septembre 2024, après les attaques du Jnim contre des sites militaires de Bamako, les autorités maliennes avaient ordonné le déplacement de plusieurs marchés à bétail, suspectés d’abriter des combattants. Le garbal de Faladiè, bien que visé par cette décision, servait aussi de refuge à des déplacés fuyant les conflits dans le centre du pays.
Parmi eux, Dado, une mère originaire du cercle de Bankass, raconte son parcours : « Nous avons quitté notre village il y a six ans par peur des violences. Nous pensions être en sécurité ici à Bamako, avec nos sept membres de famille. »
Une population livrée à elle-même
Avec la destruction du camp, plus de 2 000 personnes, majoritairement des femmes et des enfants, se retrouvent sans toit, sans nourriture ni soins. Les déplacés de Faladiè, autrefois soutenus par des organisations humanitaires, sont désormais abandonnés à leur sort.
Dado explique leur situation désespérée : « Avant, nous survivions en ramassant des déchets pour les revendre. Aujourd’hui, tout nous manque : eau, nourriture, et surtout un toit. Sans abri, rien n’est possible. »
Une relocalisation défaillante
Les autorités avaient prévu de rediriger les déplacés vers Sanankoroba, à 35 km de Bamako, mais ce site est jugé non fonctionnel par les concernés. « On nous demande de partir, mais où aller ? Nous implorons une solution urgente, » supplie Dado.
La Direction nationale du développement social n’a pas encore commenté officiellement la crise, se disant « trop tôt » pour évaluer la situation.
Un camp informel sous silence
Créé en 2019, le camp de Faladiè bénéficiait autrefois du soutien d’ONG locales et internationales, ainsi que des autorités. Aujourd’hui, son avenir reste incertain, dans un pays où la crise humanitaire s’aggrave cinq ans après le coup d’État.