Dialogue national inclusif en RDC : les leaders religieux au cœur du processus
Félix Tshisekedi lance un dialogue national inclusif en RDC, les confessions religieuses désignées pour le piloter
- Politique
Lors d’une audience tenue à la Cité de l’Union africaine à Kinshasa, le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a officiellement annoncé le lancement d’un dialogue national inclusif, destiné à renforcer la cohésion nationale et à consolider les institutions démocratiques du pays. Cette initiative, qualifiée d’« apaisée et résolument républicaine », s’inscrit dans le strict respect de la Constitution congolaise.
Les représentants des principales confessions religieuses du pays, présents lors de cette rencontre, ont salué cette décision. Le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa et porte-parole de la délégation ecclésiastique, a exprimé la gratitude des leaders religieux envers le chef de l’État. « Cette annonce marque une étape cruciale pour notre nation », a-t-il déclaré, soulignant que l’unité nationale était indispensable pour affronter les défis sécuritaires actuels, notamment dans les provinces de l’Est.
Selon le cardinal Ambongo, Félix Tshisekedi a décidé d’engager la RDC dans un processus de dialogue entre tous les fils et filles du Congo. Les modalités et les conditions de ce dialogue seront précisées au fur et à mesure de son avancée, a-t-il précisé. « Notre pays a besoin de communion entre ses enfants », a-t-il insisté, tout en appelant les acteurs politiques, qu’ils soient au pouvoir ou dans l’opposition, à s’investir pleinement dans cette démarche.
Les confessions religieuses ont accepté la mission qui leur a été confiée par le président : accompagner et faciliter ce dialogue national. « Nous nous engageons à porter cela de l’avant comme un apostolat », a affirmé le cardinal Ambongo, avant d’ajouter que les différentes communautés religieuses œuvreront ensemble pour garantir le succès de cette initiative.
Cette annonce intervient après plusieurs consultations menées auprès des acteurs politiques et sociaux, dans un contexte marqué par des tensions persistantes dans l’Est du pays. Le Rwanda est régulièrement pointé du doigt par Kinshasa pour son soutien présumé à la rébellion du M23, bien que Kigali démente toute implication. Plusieurs rapports d’experts des Nations unies corroboraient cependant ces accusations, évoquant un soutien militaire au mouvement rebelle.
Le dialogue national inclusif s’annonce comme une réponse aux exigences formulées par divers acteurs de la société civile et de l’opposition, qui réclament notamment la libération des prisonniers politiques, la fin des poursuites jugées arbitraires et le rétablissement des libertés fondamentales. Félix Tshisekedi a cependant rappelé que ce processus ne devait en aucun cas servir à contourner les institutions ou à remettre en cause la volonté populaire exprimée démocratiquement.
Parmi les personnalités religieuses ayant participé à cette audience historique figuraient :
– Mgr André Bokundoa, représentant de l’Église du Christ au Congo,
– L’archevêque Ejiba Yamampia, de l’Église de Réveil du Congo,
– Le cheikh Abdallah Mangala, de la Communauté musulmane,
– Mgr Donatien Nshole, porte-parole de l’Église catholique,
– Le pasteur Éric Senga, porte-parole de l’Église du Christ au Congo.
Une feuille de route détaillée devrait être publiée prochainement pour encadrer le déroulement de ce dialogue, dont les contours restent encore à définir : date, format, participants, ordre du jour et garanties offertes aux différentes parties prenantes. Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de recherche de solutions durables pour la paix et la stabilité en RDC, après des années de crises politiques et sécuritaires.