17 juillet 2026

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Le Gabon écrit une nouvelle page de son histoire

Politique

le Gabon écrit une nouvelle page de son histoire

Libreville, le 17 juillet 2026 – Un mois après son discours devant le Parlement réuni en Congrès, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a donné une nouvelle impulsion à sa démarche de transparence politique en organisant une conférence de presse animée par son conseiller spécial et porte-parole de la Présidence, Théophane Nzame-Nze Biyoghe.

Cette prise de parole, loin d’être un simple bilan institutionnel, a révélé une vision ambitieuse pour le Gabon. Le pays ne se contente plus de gérer une transition : il s’engage désormais dans une transformation durable de ses structures étatiques et de son modèle de développement.

Le message transmis aux Gabonais comme aux partenaires étrangers est sans ambiguïté. Après des années d’incertitudes, le Gabon souhaite affirmer son rôle d’acteur clé en Afrique centrale et sur la scène internationale, en misant sur la crédibilité, l’influence et une position stratégique renforcée.

Selon le porte-parole de la Présidence, le discours présidentiel du 15 juin dernier a marqué « un moment charnière de vérité, de transparence et de cohésion autour des acquis réalisés et des défis à relever ». Derrière ces mots se profile une volonté politique claire : refonder simultanément la diplomatie, l’économie, les infrastructures et le pacte social gabonais.

Vers une diplomatie gabonaise plus influente

La première priorité des nouvelles autorités a été de restaurer la crédibilité internationale du Gabon. Longtemps perçu avec méfiance par certains partenaires, le pays cherche désormais à redevenir un interlocuteur incontournable sur les grands enjeux africains et mondiaux. Cette ambition se traduit par une multiplication des initiatives diplomatiques, un renforcement des alliances stratégiques et une défense plus affirmée des intérêts nationaux.

Théophane Nzame-Nze Biyoghe a souligné cette évolution : « Le Gabon ne veut plus être un acteur secondaire, mais un pays qui compte, qui influence et qui contribue activement aux dynamiques régionales et internationales. »

Cette nouvelle posture diplomatique s’accompagne d’une refonte économique tout aussi déterminante. L’exécutif ambitionne de sortir d’un modèle économique basé sur l’exportation brute de matières premières pour construire une économie ancrée dans la création de valeur locale.

Le traitement du manganèse sur place illustre cette orientation industrielle. L’objectif est double : générer davantage d’emplois qualifiés, développer les compétences nationales et ancrer la production locale dans les chaînes de valeur mondiales.

Cette stratégie s’étend à d’autres secteurs : agriculture, infrastructures, énergie, numérique et industries de transformation, avec pour fil conducteur la diversification économique.

L’agriculture et les infrastructures, moteurs du renouveau

Le secteur agricole incarne cette volonté de diversification. Plusieurs mesures concrètes ont été mises en place : construction et équipement de deux laboratoires d’analyse des sols, réhabilitation du Laboratoire national vétérinaire, adoption de textes encadrant le foncier agricole, les semences et les pesticides, ainsi que l’adoption d’une loi-cadre sur la sécurité sanitaire des produits alimentaires.

Sur le terrain, cent quarante-cinq tracteurs et équipements ont été déployés à travers le pays, tandis que quatre-vingt-onze véhicules ont été attribués aux services techniques. Le plan d’urgence pour la filière avicole, doté de cent vingt milliards de francs CFA sur deux ans, a déjà identifié cent cinquante exploitations à soutenir. La création de la Société Agropastorale du Gabon complète ce dispositif pour renforcer la souveraineté alimentaire.

Dans le domaine des infrastructures, près de mille neuf cents kilomètres de routes sont en cours de modernisation. Des axes stratégiques comme Ovan-Makokou, Ntoum-Cocobeach ou Alembe-Mikouyi doivent désenclaver plusieurs régions et fluidifier les échanges de biens et de personnes. Ces travaux ont déjà généré plus de six mille emplois directs dans l’ensemble du territoire.

Un volet social indispensable à la réussite du projet

L’amélioration des conditions de vie des Gabonais constitue un pilier central de cette transformation. La généralisation progressive de la couverture maladie via le Fonds 4 marque une avancée majeure pour les travailleurs indépendants et les assurés volontaires.

Côté santé, quatorze blocs opératoires ont été réhabilités, des scanners installés à Port-Gentil, Mouila et Koulamoutou pour réduire les évacuations sanitaires, et deux cent soixante-huit médecins généralistes déployés sur l’ensemble du territoire. Quatre cents professionnels supplémentaires ont été recrutés, et deux cents agents de santé communautaire formés.

La lutte contre la vie chère s’inscrit également dans les priorités, avec la création de la Centrale d’Achat du Gabon et des mesures fiscales visant à préserver le pouvoir d’achat. Les défis persistants en matière d’accès à l’eau et à l’électricité ont conduit à l’instauration d’un état d’urgence hydrique, reconnaissant ainsi leur caractère urgent.

Théophane Nzame-Nze Biyoghe a précisé que cette mobilisation doit être interprétée comme une réponse immédiate, tout en préparant des solutions structurelles. La visite d’État du président Oligui Nguema en France s’inscrit dans cette logique de repositionnement stratégique et de renforcement des partenariats internationaux.

Pourtant, au-delà des investissements et des accords, le véritable défi réside dans l’implication de tous. « Aucune transformation nationale ne peut aboutir sans l’adhésion de tous », a rappelé le conseiller spécial du chef de l’État.

Cette phrase résume l’enjeu des années à venir. La réussite du Gabon dépendra autant des politiques publiques que de la capacité des institutions, des entreprises, de la société civile et des citoyens à s’approprier cette dynamique.

Le Gabon ne cherche plus seulement à modifier sa trajectoire économique. Il s’engage dans une révolution culturelle, politique et administrative. Et c’est souvent dans cette transformation profonde que se joue l’avenir des nations.

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