Épidémie d’Ebola en RDC : le virus atteint une quatrième province, le Haut-Uélé
L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) s’étend désormais à une nouvelle région. Le Haut-Uélé, province du nord-est, a enregistré son premier cas, portant à quatre le nombre de provinces touchées.
Jusqu’à présent, le virus sévissait dans trois provinces : l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Vingt cas, dont deux décès, ont également été signalés en Ouganda voisin.
Le Haut-Uélé, frontalier du Soudan du Sud et de la République centrafricaine, est désormais la quatrième province congolaise à être infectée. Selon les autorités sanitaires, une personne contaminée a voyagé depuis l’Ituri vers cette région, y introduisant le virus. Le patient est décédé.
Les équipes de santé tentent de retracer la chaîne de transmission et d’identifier les contacts. La maladie se propage souvent lors de rites funéraires, car le corps d’une victime d’Ebola reste très contagieux. Les travailleurs humanitaires, malgré la méfiance de certaines communautés, organisent des enterrements sécurisés pour éviter tout contact avec les dépouilles.
En RDC, comme dans d’autres pays africains, les cérémonies funéraires peuvent durer plusieurs jours, avec des contacts directs avec le défunt, ce qui accroît les risques de transmission.
Violences armées et défis sécuritaires
Le Haut-Uélé, tout comme l’Ituri, est une région riche en or, située aux confins de plusieurs pays. Cette position en fait une zone d’échanges intenses, favorable à la propagation du virus. Mais ces territoires sont aussi en proie à des violences perpétrées par des groupes armés. En Ituri, des massacres récurrents sont commis par des milices communautaires ou le groupe ADF, affilié à l’État islamique. Les ADF ont récemment mené des incursions dans le Haut-Uélé, où sévissent également des groupes armés venus des pays voisins.
Ce climat d’insécurité complique le déploiement de la riposte sanitaire, déjà lancée tardivement. Des experts estiment que les autorités ont mis du temps à détecter le virus. Des enquêtes épidémiologiques suggèrent que les premiers décès suspects remontent à janvier.
Les structures de santé, souvent sous-équipées dans l’un des pays les plus pauvres du monde, manquent de matériel de base comme des kits de protection et du chlore. Les centres de traitement Ebola, mis en place avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et plusieurs ONG, sont saturés, avec un taux d’occupation dépassant 138 %. À ce jour, 78 soignants ont été contaminés, dont 18 sont décédés.
Les autorités sanitaires prévoient que le pic de l’épidémie n’est pas encore atteint, plus de six semaines après sa déclaration officielle. La crise pourrait durer entre six mois et un an. Ebola, qui se transmet par contact avec les fluides corporels, a tué plus de 15 000 personnes en Afrique au cours des 50 dernières années. La pire épidémie en RDC, entre 2018 et 2020, avait fait près de 2 300 morts pour 3 500 malades recensés.