Escalade de la violence au Burkina Faso : le lourd bilan des attaques djihadistes face au mutisme officiel
RUSSIA, MOSCOW - MAY 9, 2025: Burkina Faso's President Ibrahim Traore attends a ceremony to lay flowers at the Tomb of the Unknown Soldier by the Kremlin Wall in Alexander Garden on Victory Day to mark the 80th anniversary of the victory over Nazi Germany in World War II (Credit Image: © Sofya Sandurskaya/TASS via ZUMA Press)
Malgré les discours officiels prônant une reprise en main de la sécurité, le Burkina Faso traverse une période de turbulences extrêmes. Le gouvernement de transition, dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré, observe un silence pesant face à la multiplication des assauts terroristes. Cette réalité contredit frontalement la promesse de reconquête territoriale faite lors du coup d’État de septembre 2022, une thématique centrale de l’actualité Afrique de l’Ouest.
Un assaut meurtrier à Yamba
Le 6 mars dernier, une nouvelle incursion violente a frappé le camp de police des unités mobiles d’intervention à Yamba, situé à proximité de Fada N’Gourma. Bien que non confirmé officiellement, le bilan relayé par des sources locales évoque des dizaines de victimes, dont une trentaine de policiers. Les assaillants, arrivés en grand nombre à moto, ont pillé les installations avant l’arrivée des secours. Ce site avait déjà été la cible d’une attaque similaire un an auparavant.
Un mois de février particulièrement sanglant au Sahel
Le continent africain, et plus précisément la zone des trois frontières avec le Niger et le Mali, reste sous la pression constante du GSIM (ou JNIM) et de l’État islamique au grand Sahara (EIGS). Selon les données de West Africa Maps, la région a été marquée par près de 40 offensives djihadistes durant le seul mois de février. Ces zones sont stratégiques en raison des ressources minières, notamment les gisements d’or, et des flux commerciaux transfrontaliers, essentiels pour l’Afrique subsaharienne info.
Des pertes records pour les forces de défense
La journée du 14 février s’est révélée être la plus tragique de l’année. Des raids massifs contre une base forestière et la caserne de Titao ont entraîné la mort de plus de 100 gardes et de près de 190 Volontaires pour la défense de la Patrie (VDP). Ces milices citoyennes, piliers de la stratégie de défense actuelle, sont en première ligne et subissent des pertes considérables. Les analystes de l’ONG Acled soulignent d’ailleurs la coordination croissante des groupes armés dans cette partie du Burkina Faso.
Tensions internes et exactions
Outre la menace terroriste, le pays fait face à des dérives internes inquiétantes. Les VDP sont régulièrement accusés de violences envers la communauté peule, souvent stigmatisée. Début mars, des massacres de civils ont été signalés dans la zone de Bittou, illustrant la complexité d’une crise où la solidarité africaine est mise à rude épreuve par les divisions ethniques. Face à ce défi, l’Afrique solidaire actualité reste un enjeu majeur pour stabiliser la région.