5 août 2026

Africa Solidaire

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Gabon : le secteur extractif en baisse de 2,9 % au début de 2026

Au premier trimestre 2026, le secteur extractif du Gabon affiche une performance en demi-teinte, avec un recul de 2,9 % de son activité globale. Cette tendance s’explique principalement par le ralentissement marqué des hydrocarbures, tandis que la production de manganèse confirme sa croissance, offrant un contraste saisissant entre les deux filières. Ces données, issues de l’analyse sectorielle de la Direction générale de l’économie et de la politique fiscale (DGEPF), mettent en lumière les défis structurels auxquels fait face l’économie gabonaise, fortement dépendante des revenus pétroliers.

Hydrocarbures : un secteur en perte de vitesse

La baisse de 2,9 % du secteur extractif gabonais au premier trimestre 2026 est largement imputable à la contre-performance des hydrocarbures. À Libreville, la production de pétrole brut subit les conséquences d’une maturité avancée des gisements, de travaux de maintenance prolongés et d’un investissement amont insuffisant pour compenser l’épuisement naturel des ressources. Cette situation place le Gabon dans une position délicate, le pays étant encore largement tributaire de l’or noir pour ses recettes d’exportation.

Les autorités nationales suivent avec vigilance cette évolution, consciente que le budget de l’État reste fortement exposé aux aléas de la production et des cours internationaux. Par ailleurs, la région voit les grands groupes internationaux redéployer leurs investissements vers des zones jugées plus prometteuses ou moins exploitées, ce qui accentue la pression sur le bassin sédimentaire gabonais, autrefois moteur de l’économie nationale.

Le manganèse, un moteur de croissance malgré le recul pétrolier

Malgré la baisse globale du secteur, la filière du manganèse affiche une résilience remarquable. Le Gabon, l’un des plus grands producteurs mondiaux de ce minerai, enregistre une progression soutenue de sa production et de ses exportations. Cette dynamique s’inscrit dans la continuité d’une décennie d’expansion, portée par une demande accrue en Asie, notamment pour les besoins sidérurgiques et les technologies de batteries.

Le développement du manganèse offre au Gabon une opportunité de diversifier ses revenus et de réduire sa dépendance aux hydrocarbures. Les autorités misent sur ce minerai stratégique pour renforcer la valeur ajoutée locale, avec des projets visant à transformer le minerai sur place, comme la production de silicomanganèse. Cette approche s’aligne sur les stratégies adoptées par d’autres pays miniers d’Afrique centrale et de l’Afrique de l’Ouest, qui cherchent à capter davantage de valeur sur leur chaîne de production.

Vers une économie plus résiliente et diversifiée

Les chiffres du premier trimestre 2026 soulignent l’urgence pour le Gabon de repenser sa stratégie économique. La double dépendance aux hydrocarbures pour les recettes publiques et aux marchés étrangers pour l’exportation des minerais impose une réflexion approfondie sur la résilience du pays. La Société équatoriale des mines (SEM), avec sa participation active dans plusieurs projets, incarne cette volonté de renforcer le contrôle national sur les segments clés de l’industrie extractive.

Pour relancer le secteur pétrolier, plusieurs pistes sont envisagées : relancer les appels d’offres offshore, moderniser le cadre contractuel et renforcer les incitations fiscales à l’exploration. Cependant, les délais entre la découverte d’un gisement et sa mise en production, souvent supérieurs à cinq ans, imposent une vision à moyen terme pour les décideurs. L’enjeu pour le Gabon est donc de trouver un équilibre entre la préservation des recettes pétrolières à court terme, le développement du manganèse pour sécuriser ses revenus miniers, et la préparation d’un avenir post-pétrole grâce à la transformation locale et à la diversification économique. La situation du premier trimestre 2026 rappelle que cette équation exige une planification rigoureuse et une gestion prudente des ressources.

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