10 juillet 2026

Africa Solidaire

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Judith Suminwa à l’ONU : un appel vibrant pour la justice et la dignité des survivantes en RDC

La Première ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa, a mis en lumière l’importance capitale de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies lors de sa 10190e séance. Adopté à l’unanimité le 31 octobre 2000, ce texte historique, pionnier dans l’établissement d’un lien entre les droits des femmes et les enjeux de paix et de sécurité, a constitué le pilier de son discours axé sur les femmes, la paix et la sécurité.

Présidant cette session dans le cadre de la présidence congolaise du Conseil de sécurité, Judith Suminwa a abordé le thème crucial « Honorer la promesse du droit international envers les survivantes et survivants de violences sexuelles liées aux conflits ». Elle a saisi cette opportunité pour exhorter la communauté internationale à concrétiser les engagements de cette résolution essentielle.

Représentant la République démocratique du Congo, une nation profondément marquée par les conflits armés et les violences sexuelles qui en découlent, la Première ministre Suminwa a affirmé, ce mercredi 8 juillet 2026, que l’heure n’était plus au simple recensement des atrocités, mais à une action résolue de la part de la communauté internationale.

« Notre objectif ne doit plus se limiter à consigner l’horreur une fois qu’elle s’est produite. Nous devons impérativement anticiper et éliminer les facteurs qui la rendent possible. Cela implique une présence renforcée auprès des populations vulnérables, l’instauration de systèmes d’alerte précoce efficaces, une justice impartiale pour traduire en compte les responsables, leurs complices et les instigateurs, ainsi que la mise en place de réparations concrètes et d’un programme de relance économique offrant aux femmes non seulement une protection, mais un véritable pouvoir d’action », a souligné la Première ministre.

La dirigeante du gouvernement congolais a insisté sur la nécessité d’une compréhension approfondie des interconnexions entre les violences sexuelles, la maîtrise territoriale, les déplacements massifs de populations, le trafic d’armes, la traite humaine, l’impunité persistante et les mécanismes des économies de guerre.

« Pour prévenir ces atrocités, il est impératif d’analyser non seulement les actes eux-mêmes, mais aussi les structures qui les engendrent. Cela exige que les stratégies de prévention et de paix intègrent ces enjeux dès leur conception : dans les accords de cessez-le-feu, les dispositifs de surveillance, les programmes de désarmement, les réformes du secteur sécuritaire, les régimes de sanctions et les assurances de non-répétition. Face aux individus, groupes ou réseaux qui orchestrent, financent ou profitent de l’enlèvement, de la traite, de l’esclavage ou de l’exploitation sexuelle en période de conflit, le Conseil doit déployer ses instruments de manière cohérente, notamment par l’intermédiaire de ses comités de sanctions et de leurs experts », a-t-elle poursuivi.

Judith Suminwa a également mis en exergue la décision de la présidence congolaise du Conseil de sécurité de débuter ses délibérations par la problématique des victimes. Elle a affirmé qu’une structure de paix ne saurait être légitime sans accorder une place centrale à ceux qui ont subi les conséquences les plus dévastatrices des conflits.

La Première ministre a en outre révélé que le Conseil approfondirait prochainement son examen des mécanismes qui nourrissent les conflits, des économies illégales qui les perpétuent, et des stratégies visant à convertir la gestion des ressources naturelles en leviers de paix, de sécurité et de prospérité.

« Notre responsabilité fondamentale est désormais limpide : écouter les survivantes et les survivants, valider leurs droits, appuyer les initiatives nationales et internationales, financer les services vitaux, pallier les déficits d’information, intensifier la collaboration et ériger la lutte contre l’impunité en condition sine qua non de la paix. Au terme de nos échanges, un constat doit s’imposer : les violences sexuelles en période de conflit ne sont ni une fatalité, ni une préoccupation marginale. La réaction ne peut se borner à la simple condamnation. Elle doit englober la prévention, la protection, la justice, les réparations, la réhabilitation économique, la reconnaissance des enfants issus de ces violences et les ressources indispensables pour transformer les promesses en réalisations concrètes », a affirmé la Première ministre.

Dans cette optique, la cheffe du gouvernement a réitéré que combattre les violences sexuelles liées aux conflits représente non seulement une obligation morale, mais aussi une exigence stratégique pour l’établissement d’une paix pérenne. Elle a souligné que la justice et les réparations ne sauraient être reléguées au second plan, mais doivent constituer les piliers essentiels de la reconstruction sociétale.

« La lutte contre les violences sexuelles dans les conflits est une exigence éthique, mais aussi une condition stratégique pour toute paix durable. Il est impossible de restaurer une société en privant ses survivantes de justice. On ne peut pas reconstruire des communautés en laissant les enfants nés de ces violences dans le silence ou la stigmatisation. On ne peut prévenir les conflits en ignorant les circuits économiques qui les alimentent, les armements qui les prolongent, les réseaux qui exploitent les victimes et les structures de domination qui les sous-tendent », a martelé Madame Suminwa.

En guise de conclusion, elle a exhorté les États membres à ériger la dignité des survivantes et des survivants en fondement inébranlable de toute stratégie de paix.

« Notre devoir collectif est d’assurer que la dignité des survivantes et des survivants, les droits des enfants, la justice, les réparations et l’accès aux services essentiels ne soient plus des considérations marginales, mais bien l’essence même de l’édification de la paix. Plus d’un quart de siècle après l’adoption de la résolution 1325, la prochaine phase de notre engagement ne saurait être une énième promesse, mais une promesse concrétisée. Car aucune richesse naturelle ne justifie le sacrifice de la dignité humaine, aucune économie ne devrait prospérer sur la détresse des populations, et aucune paix durable ne peut s’établir sur l’impunité », a-t-elle insisté avec force.

Rappelons que la résolution 1325, adoptée à l’unanimité par le Conseil de sécurité de l’ONU le 31 octobre 2000, demeure un jalon historique. Ce document inaugural a formalisé le lien intrinsèque entre les droits des femmes et les dynamiques de paix et de sécurité, en plaidant pour leur implication totale dans la prévention, la gestion et la résolution des conflits, ainsi que dans les efforts de consolidation de la paix.

L’intervention de la Première ministre Judith Suminwa, particulièrement pertinente pour le continent africain, s’inscrit dans un contexte où les femmes de la République démocratique du Congo, notamment celles résidant dans les régions affectées par les conflits, sont toujours confrontées à des violences sexuelles. Ces exactions sont perpétrées dans un environnement caractérisé par l’activité des groupes armés, qu’ils soient locaux ou étrangers. Les autorités congolaises dénoncent également l’agression rwandaise, via la rébellion de l’AFC/M23, qui intensifie la vulnérabilité des femmes dans l’est du pays, une réalité qui interpelle la solidarité africaine.

Malgré les multiples initiatives diplomatiques visant à résoudre cette crise et à instaurer une paix durable, les résultats concrets se font attendre. Bien que des progrès soient régulièrement rapportés sur les fronts politique et diplomatique, la situation demeure alarmante sur le terrain, les différentes parties en conflit persistant dans les affrontements et se reprochant mutuellement le non-respect des accords établis.

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