La can 2032 : le Burkina, le Mali et le Niger en lice pour une candidature historique
La Confédération africaine de football (CAF) a officiellement enregistré la candidature conjointe du Burkina Faso, du Mali et du Niger pour organiser la Coupe d’Afrique des nations (CAN) en 2032. Une avancée symbolique pour ces trois nations unies par l’Alliance des États du Sahel (AES), qui devront désormais démontrer leur capacité à relever les défis logistiques et sécuritaires inhérents à un tel événement.
C’est lors d’une rencontre à New York, en marge d’un sommet international, que les dirigeants des fédérations de football des trois pays ont scellé cette première étape. Le colonel Oumarou Sawadogo pour le Burkina Faso, Mahamadou Cissé pour le Mali, et Issaka Adamou pour le Niger ont été reçus par le président de la CAF, Patrice Motsepe, pour officialiser leur déclaration d’intérêt commune. Une confirmation rendue publique quelques jours plus tard, confirmant l’inscription de leur dossier dans la procédure.
Une validation administrative, rien de plus
Sur le plan réglementaire, cette validation ne représente qu’une formalité. Selon l’article 7.3 du règlement des candidatures de la CAF, le dépôt d’une déclaration d’intérêt est un préalable obligatoire pour participer à l’appel à candidatures. Cette étape permet aux trois pays de rester dans la course sans garantie aucune sur l’attribution finale des droits d’organisation. Comme l’a précisé la Fédération nigérienne de football, cela ouvre simplement la voie à une évaluation plus poussée de leur dossier.
Une stratégie à long terme de la CAF
Cette annonce s’inscrit dans une démarche plus large de la CAF, qui a lancé en juillet 2026 un appel à candidatures simultané pour les éditions 2028, 2032 et 2036. L’objectif ? Laisser aux fédérations le temps de constituer des dossiers solides et de préparer des infrastructures adaptées. Pour l’édition 2032, la CAF n’a pas encore arrêté de calendrier précis, mais elle devra évaluer la faisabilité technique du projet sahélien, en se concentrant sur les infrastructures sportives, les capacités d’hébergement et les réseaux de transport.
Le président de la CAF a d’ailleurs souligné l’importance d’une vision régionale, évoquant une initiative fondée sur la coopération entre les trois pays. Un modèle qui rappelle le précédent est-africain : le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie organiseront ensemble la CAN 2027. Cette formule tripartite pourrait permettre au Burkina Faso, au Mali et au Niger de mutualiser leurs ressources pour répondre aux exigences de la CAF.
Le football, un outil de diplomatie sahélienne
Cette candidature s’inscrit dans un contexte géopolitique marqué par l’émergence de l’Alliance des États du Sahel. Depuis leur retrait de la CEDEAO, les trois pays multiplient les initiatives communes pour affirmer leur autonomie, que ce soit sur le plan monétaire ou diplomatique. Une victoire dans cette candidature sportive offrirait à l’AES une visibilité internationale rare, alors que la région fait face à des défis sécuritaires majeurs. L’Union africaine a d’ailleurs dénoncé, peu avant cette annonce, de nouvelles attaques meurtrières au Niger et au Mali.
La CAF devra donc examiner avec attention la solidité du dossier sahélien, notamment sur deux critères clés : la sécurité et les infrastructures. Les trois fédérations, en collaboration avec leurs gouvernements respectifs, s’engagent à préparer un dossier technique conforme aux exigences de l’instance continentale. La suite des événements se jouera sur le terrain, bien loin des salles de réunion new-yorkaises.
Un projet ambitieux aux enjeux multiples
Si la validation du 18 juillet marque une étape symbolique, elle ne garantit en rien le succès final. Les trois pays doivent encore prouver leur capacité à organiser une compétition de cette envergure. Les défis sont nombreux : modernisation des stades, construction d’hôtels, amélioration des réseaux de transport, et surtout, garantie d’un environnement sécurisé. La CAN 2032 pourrait ainsi devenir bien plus qu’un simple tournoi : un véritable test pour le Sahel, capable de transformer son unité politique en une vitrine internationale.