21 mai 2026

Africa Solidaire

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La France porte une résolution onusienne contre la criminalisation des LGBT+ après la loi sénégalaise

la France porte une résolution onusienne contre la criminalisation des LGBT+ après la loi sénégalaise

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a annoncé ce samedi sur la plateforme X que Paris soumettrait prochainement au Conseil des droits de l’homme des Nations unies un texte visant à interdire aux États de pénaliser les personnes LGBT+. Cette initiative diplomatique intervient dans un contexte régional marqué par un durcissement des législations, notamment après l’adoption par le Sénégal d’une loi renforçant la répression de l’homosexualité. Parallèlement, un ressortissant français est détenu à Dakar depuis deux mois en application de ce nouveau dispositif juridique.

« Vous pouvez compter sur la France : elle agit, et continuera d’agir pour faire progresser l’agenda des droits humains », a affirmé le chef de la diplomatie française. Il a également évoqué une « vague conservatrice » qui touche de nombreuses régions du monde depuis une décennie, justifiant ainsi l’engagement de Paris en faveur de la protection des minorités sexuelles.

Une loi sénégalaise controversée, adoptée en mars 2026

Le texte sénégalais, promulgué le 30 mars dernier après son adoption à l’unanimité par l’Assemblée nationale le 11 mars, alourdit significativement les sanctions contre les personnes LGBT+. La peine maximale pour « actes contre nature » passe de cinq à dix ans d’emprisonnement, tandis que les amendes sont multipliées par dix, atteignant désormais dix millions de francs CFA. Le gouvernement sénégalais, dirigé par le Premier ministre Ousmane Sonko, présente ce durcissement comme une mesure de souveraineté nationale.

Parmi les nouvelles dispositions, le texte crée un délit spécifique pour toute promotion, soutien ou financement de l’homosexualité, de la bisexualité ou de la transsexualité. Ce cadre juridique a suscité de vives réactions internationales, notamment de la part du Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Volker Türk, qui avait appelé Dakar à ne pas promulguer la loi, estimant qu’elle contrevenait aux engagements internationaux du pays.

À Paris, le porte-parole du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères Pascal Confavreux avait, dès le 16 avril, exprimé la préoccupation de la France. Le ministre Jean-Noël Barrot avait alors abordé ce sujet avec son homologue sénégalais Cheikh Niang lors d’un entretien au Quai d’Orsay.

Un Français détenu depuis février au Sénégal

Un citoyen français est incarcéré à Dakar depuis le 14 février pour des faits entrant dans le champ d’application de la nouvelle loi. Les autorités consulaires françaises ont effectué quatre visites en détention pour suivre son état de santé et son moral. Sa famille, quant à elle, est en contact permanent avec les services du Quai d’Orsay. Par ailleurs, un tribunal dakarois a condamné, le 10 avril, un jeune Sénégalais né en 2002 à six ans de prison ferme pour des infractions similaires.

Selon les dernières données du ministère français des Affaires étrangères, 62 pays dans le monde criminalisent encore les relations homosexuelles consenties, dont onze appliquent la peine de mort. Aucune date n’a été communiquée concernant l’examen du projet de résolution français par le Conseil des droits de l’homme à Genève.

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