10 juillet 2026

Africa Solidaire

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Le Gabon anticipe une croissance robuste d’ici 2027

Les récentes prévisions de la Banque africaine de développement (BAD), dévoilées le 23 juin 2026 dans son rapport annuel sur les Perspectives économiques en Afrique (PEA 2026), indiquent que le Gabon est en passe de retrouver une dynamique de croissance positive. Cette institution panafricaine anticipe une croissance de 3,0 % pour 2026, avec une légère accélération à 3,1 % prévue pour l’année 2027.

Libreville s’éloigne de la seule dépendance aux ressources traditionnelles, s’appuyant désormais sur le renforcement de divers secteurs stratégiques. La BAD souligne que cette reprise est largement portée par la vitalité anticipée dans la construction et les services, ainsi que par l’essor de l’industrie manufacturière et agroalimentaire. L’agriculture, notamment l’aviculture et la production d’huile de palme, constitue également un pilier fondamental de cette résurgence économique.

Concernant les équilibres extérieurs, la balance des paiements devrait enregistrer un excédent de 1,1 % du PIB en 2026, bien que les prévisions suggèrent un retour au déficit (2,4 %) dès l’année suivante. Cette dynamique positive sera alimentée par une augmentation de la consommation des ménages et une revitalisation des investissements, qu’ils soient d’origine publique ou privée. Par ailleurs, la mise en place d’une centrale d’achat est envisagée comme un levier majeur pour contenir la spéculation sur les produits importés, contribuant à maîtriser l’inflation à 3,1 % en 2026, puis à la réduire à 2,3 % en 2027.

Les défis persistants : dette et dépenses publiques

Cependant, le tableau n’est pas exempt d’ombres. La BAD exprime des préoccupations quant aux déséquilibres budgétaires structurels du Gabon. L’accroissement significatif des dépenses publiques – atteignant 3,2 % du PIB en 2024 – a ralenti la mise en œuvre des réformes. Malgré les efforts de modernisation des outils gouvernementaux (numérisation, facturation électronique, introduction de taxes foncières et environnementales), les revenus fiscaux demeurent insuffisants. Cette situation s’explique notamment par des lacunes en matière de gouvernance et l’importance d’un secteur informel étendu. Conséquence directe : le profil de la dette gabonaise s’est détérioré, compliquant l’accès du pays aux marchés de capitaux et tempérant l’enthousiasme des investisseurs privés.

Une impulsion pour la coordination face aux turbulences mondiales

Afin d’infléchir cette trajectoire, le gouvernement gabonais s’appuie sur le dialogue social et des réformes macroéconomiques audacieuses. Néanmoins, le Gabon doit naviguer dans un contexte international complexe, caractérisé par des tensions commerciales, des conflits régionaux et une diminution des capitaux financiers à l’échelle planétaire.

Devant cette fragmentation mondiale, la BAD émet une recommandation pressante : il est impératif d’abandonner les approches nationales isolées au profit de stratégies africaines harmonisées. L’objectif est de stimuler la mobilisation des capitaux endogènes afin de financer durablement le développement du continent africain.

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