14 juin 2026

Africa Solidaire

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Le Gabon mise sur une fiscalité ambitieuse pour booster son économie

Lors d’une audience solennelle au palais présidentiel, le président gabonais a officiellement installé Édith Laure Mbiguidi Oyaya à la tête de la Direction générale des impôts (DGI). Accompagnée de ses proches collaborateurs, la nouvelle responsable a reçu une feuille de route claire : faire de la fiscalité le pilier du financement des politiques publiques nationales. Le message est sans ambiguïté : renforcer la collecte des recettes internes devient une priorité absolue pour l’État.

Transformer la DGI en levier de développement économique

Le chef de l’État a souligné l’importance stratégique de la fiscalité pour concrétiser les ambitions du Gabon en matière d’infrastructures, d’éducation et de santé. Face à la nécessité de réduire la dépendance aux revenus pétroliers, la modernisation de l’administration fiscale et l’élargissement de l’assiette des contribuables s’imposent comme des priorités incontournables. La DGI n’est plus cantonnée à un rôle de collecte passive : elle doit désormais jouer un rôle actif dans la gestion budgétaire et renforcer la crédibilité macroéconomique du pays.

Le président a également insisté sur l’exigence de performance et d’éthique qui doit guider les actions de la nouvelle équipe. La lutte contre la fraude, la simplification des démarches administratives et la transparence envers les contribuables sont des chantiers prioritaires. L’objectif ? Transformer une administration perçue comme rigide en un acteur facilitant le climat des affaires et stimulant l’investissement.

Un défi de taille pour la nouvelle dirigeante

Édith Laure Mbiguidi Oyaya prend ses fonctions dans un contexte économique exigeant, marqué par des tensions de trésorerie et des négociations serrées avec les institutions financières internationales. La DGI doit désormais garantir la soutenabilité de la dette publique tout en soutenant les investissements publics. Sa réussite dépendra autant des moyens techniques à sa disposition que du soutien politique dont elle bénéficiera pour surmonter les résistances internes.

Ses collaborateurs directs devront relever des défis majeurs : accélérer la digitalisation des télédéclarations, améliorer la traçabilité des paiements, adapter la fiscalité des entreprises extractives et aligner les pratiques sur les normes de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Ces réformes, bien que déjà engagées, nécessitent une accélération pour crédibiliser le discours présidentiel sur la refondation économique. La DGI collabore également avec plusieurs partenaires techniques, dont le Fonds monétaire international, pour moderniser ses outils et ses méthodes.

La fiscalité, colonne vertébrale du projet de société gabonais

Depuis son arrivée au pouvoir à l’été 2023, puis sa victoire à l’élection présidentielle d’avril 2025, le président a érigé la souveraineté budgétaire en axe central de sa politique. L’objectif est clair : allier transformation économique, justice sociale et redistribution, ce qui implique d’augmenter et de mieux répartir les recettes fiscales. Pour y parvenir, le gouvernement entend mobiliser davantage les secteurs porteurs de valeur ajoutée, tout en soulageant la pression fiscale sur les ménages les plus modestes.

Cependant, le défi reste complexe. L’économie gabonaise reste largement informelle, la base de contribuables est réduite, et la dépendance aux hydrocarbures, dont les prix fluctuent, pèse lourdement sur les finances publiques. Élargir l’assiette fiscale nécessite une approche équilibrée, combinant incitations à la formalisation, simplification des procédures et contrôles ciblés. La directrice générale devra trouver le juste milieu entre résultats immédiats et réformes structurelles, sous le regard attentif d’un exécutif impatient de démontrer des avancées tangibles.

Cette audience présidentielle envoie un signal fort aux partenaires financiers du pays. En soutenant personnellement la nouvelle équipe, le président cherche à rassurer sur la continuité des engagements en matière de gouvernance fiscale. La progression des recettes non pétrolières sera scrutée comme un indicateur clé de la solidité du programme économique de Libreville. La mission confiée à la DGI est ainsi présentée comme un levier essentiel pour transformer durablement l’économie gabonaise.

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