15 mai 2026

Le mois de mai au Sénégal : une période de fortes turbulences sociales

Historiquement marqué par les événements de 1968 et symboliquement ouvert par la fête du Travail le 1er mai, le cinquième mois de l’année s’impose à nouveau comme une période de forte instabilité au Sénégal. Actuellement, plusieurs secteurs clés de la vie nationale traversent des zones de turbulences, illustrant un climat social particulièrement électrique.

Le secteur du transport urbain à Dakar a été le premier à manifester son mécontentement. Les chauffeurs et agents affiliés à l’Association de Financement des Professionnels du Transport Urbain (AFTU) ont observé un arrêt de travail significatif. Ce mouvement d’humeur trouve son origine dans un litige profond concernant la gestion de la billetterie électronique. Suite à une décision du Tribunal de Grande Instance de Dakar ordonnant l’arrêt du déploiement de nouveaux terminaux et la saisie du matériel existant, les travailleurs ont exprimé leur colère, paralysant ainsi une partie de la mobilité dans la capitale.

Parallèlement, la Fondation Trade Point Sénégal fait face à des remous internes. Des voix s’élèvent pour dénoncer une gestion jugée défaillante, pointant du doigt des recrutements massifs sans justification apparente et une détérioration du climat managérial au sein de l’institution.

La tension est tout aussi vive à l’Ageroute (Agence des Travaux et de Gestion des Routes). Le Directeur des Ressources humaines, Cheikh Ahmed Tidiane Thiam, a publiquement critiqué les méthodes de la nouvelle direction générale. Il déplore un manque de dialogue social et une fragilisation des effectifs, illustrée notamment par la mise à l’écart brutale de 23 collaborateurs.

Le milieu universitaire n’est pas épargné par cette vague de revendications. Les étudiants de la dixième promotion de l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane (UN-CHK) sont montés au créneau pour réclamer le versement intégral de leurs bourses. Selon leurs déclarations, seule une partie du soutien financier prévu pour leur cycle de licence a été honorée, laissant de nombreux apprenants dans une situation de précarité et les poussant à interpeller directement les autorités.

Qu’il s’agisse de salariés, de transporteurs ou d’étudiants, les fronts de contestation se multiplient, témoignant d’une volonté commune de durcir le ton pour obtenir gain de cause face aux défis de la justice sociale et de la précarité.

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