22 mai 2026

Africa Solidaire

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Le premier ministre Sonko fait le point sur les infrastructures en souffrance au Sénégal

Le PM Ousmane Sonko livre un bilan des infrastructures en cours de réalisation

Lors d’un conseil interministériel dédié aux infrastructures, le Premier ministre Ousmane Sonko a révélé un inventaire sans précédent : 245 actifs et projets d’infrastructures nécessitent une attention urgente. Ces infrastructures, réparties en quatre catégories, soulignent des dysfonctionnements majeurs dans leur gestion et leur exploitation.

Le chef du gouvernement a rappelé que cette initiative s’inscrit dans le cadre des recommandations du Conseil des ministres du 15 avril, qui avait enjoint chaque ministère à recenser les projets en cours. « L’exploitation des données collectées a permis d’identifier quatre catégories d’infrastructures à traiter en priorité », a-t-il précisé.

les quatre catégories d’infrastructures identifiées

Le Premier ministre a détaillé la répartition des 245 actifs et projets concernés :

  • 30 infrastructures achevées mais non mises en service : parmi elles, 25 sont bloquées, représentant un investissement gelé de 279 milliards de francs CFA. Quinze de ces projets sont classés comme haute priorité en raison de leur impact financier et des obstacles rencontrés.
  • 23 actifs déjà en service mais recyclables ou valorisables : ces infrastructures, réparties en huit secteurs et gérées par 13 entités différentes, ont une valeur estimée à 1 065 milliards de francs CFA.
  • 94 projets en cours de réalisation à achever : 62 d’entre eux sont bloqués, nécessitant un financement complémentaire de 973 milliards de francs CFA pour un coût global de 5 227 milliards.
  • 97 biens immobiliers et fonciers de l’État recyclables ou valorisables : 91 de ces biens sont situés dans la région de Dakar, avec une valeur marchande globale de 132 milliards et un coût de rénovation estimé à 12,1 milliards.

Les causes de ces blocages sont multiples, a expliqué Ousmane Sonko : financières (42 projets), juridiques (14 projets), techniques (18 projets) ou opérationnelles (13 projets). Parmi les problèmes financiers, on note des insuffisances de crédits, des retards de paiement ou des défauts de paiement. Les blocages techniques résultent souvent d’un manque de coordination entre les acteurs, notamment entre les maîtres d’ouvrage et les opérateurs de réseaux (eau, électricité, télécoms).

Les blocages juridiques découlent de conflits, d’annulations de marchés ou de contrats, ou encore de l’absence de décrets institutionnels. Enfin, les blocages opérationnels concernent des infrastructures achevées depuis des années, mais sans modèle d’exploitation ou de gestion défini.

Des pertes financières colossales

Le Premier ministre a dénoncé les « pertes énormes » engendrées par ces dysfonctionnements. Il a pointé du doigt des infrastructures achevées mais non mises en service en raison d’inadéquations avec les besoins réels, de défauts de réception formelle ou de lacunes dans la coordination entre les acteurs. Dans certains cas, des équipements restent à finaliser, aggravant encore la situation.

Face à ces constats, Ousmane Sonko a annoncé deux mesures fortes :

  • La création d’un comité dédié à la Primature pour finaliser et approfondir l’inventaire des infrastructures en souffrance.
  • Une demande de complément d’inventaire, car, selon lui, la liste actuelle n’est pas exhaustive.

Il a également recommandé aux services concernés de « anticiper les problèmes techniques liés au raccordement des réseaux hydrauliques et électriques » pour éviter de nouveaux blocages.

L’exploitation des infrastructures : un impératif

Ousmane Sonko a jugé « inconcevable » de construire des infrastructures sans prévoir leur exploitation. « La roublardise, la négligence et le laxisme sont à l’origine des retards et des défaillances », a-t-il déploré. Pour y remédier, il a appelé à une politique de « tolérance zéro » face à ces manquements, qui pèsent lourdement sur l’économie nationale.

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