31 mai 2026

Africa Solidaire

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Lutte contre le cancer du col de l’utérus au Burkina Faso : l’exemple d’une stratégie réussie

À Ipendo, dans la région du Centre-Ouest du Burkina Faso, Awa, une mère de six enfants âgée de 48 ans, témoigne de son appréhension passée. Lorsqu’elle a appris qu’un dépistage gratuit était organisé, sa première peur fut le diagnostic. Cependant, l’amour pour ses enfants l’a poussée à agir. Son histoire reflète celle de milliers de Burkinabè confrontées à l’un des cancers les plus dévastateurs pour les femmes du pays.

Historiquement, l’accès aux soins était un parcours du combattant. Avec un taux de dépistage stagnant sous la barre des 8 %, les zones rurales étaient les plus délaissées. L’absence de moyens financiers, les distances kilométriques épuisantes et le manque de personnel qualifié constituaient des obstacles majeurs à la santé féminine.

Une volonté politique forte pour la santé des femmes

Face à ce constat, les autorités du Burkina Faso ont réagi avec fermeté. Le professeur Nayi Zongo, coordonnateur du Programme national de lutte contre le cancer (PNLC), précise que des mesures législatives ont été prises : « Un décret gouvernemental a instauré la gratuité totale du dépistage et du traitement des lésions précancéreuses. » En complément, des unités médicales mobiles ont été déployées pour atteindre les populations les plus isolées.

Ces cliniques itinérantes parcourent désormais les marchés, les exploitations agricoles et les villages reculés. Cette approche permet aux femmes de se faire examiner sans sacrifier leurs travaux champêtres ou leurs responsabilités domestiques. Pour le Pr Zongo, c’est un pas de géant vers l’équité sanitaire.

Une mobilisation communautaire sans précédent

La stratégie nationale repose sur trois piliers : la levée des barrières financières, la proximité géographique et une sensibilisation massive. À travers des campagnes médiatiques, des initiatives comme « Octobre Rose » et l’implication des chefs communautaires, la lutte contre le cancer est devenue une priorité nationale.

L’appui technique de l’OMS a été crucial dans cette transformation. L’organisation a soutenu l’élaboration des normes nationales, formé les soignants et facilité l’engagement des communautés locales. Le Dr Seydou Coulibaly, Représentant de l’OMS au Burkina Faso, souligne que ce modèle, basé sur des solutions adaptées au terrain, est une source d’inspiration pour tout le continent africain.

Des résultats concrets et des vies épargnées

Le bilan entre octobre 2024 et septembre 2025 témoigne de l’efficacité de ces mesures :

  • 468 interventions de cliniques mobiles à travers le territoire.
  • Près de 2 millions de femmes sensibilisées aux risques du cancer.
  • 106 446 tests de dépistage effectués.
  • 715 interventions pour traiter des lésions précancéreuses.
  • 113 diagnostics approfondis réalisés pour confirmer des pathologies.

Pour Awa, dont le test s’est révélé négatif, le soulagement est immense. Aujourd’hui, elle est devenue une ambassadrice de la prévention dans son village : « Si la maladie est détectée à temps, la prise en charge est simplifiée », explique-t-elle avec conviction. Au-delà des chiffres, cette initiative redonne de la dignité aux citoyennes et assure la stabilité des foyers en plaçant la santé comme un droit fondamental au Burkina Faso.

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