Mali: la junte face à une guerre psychologique du JNIM
Une escalade de la guerre psychologique
La diffusion, le jeudi 11 juin 2026, d’une vidéo du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) a provoqué une vive inquiétude à Bamako. Dans un environnement sécuritaire de plus en plus instable, cette publication montre des préparatifs logistiques et militaires intensifs, et annonce des « opérations imminentes » visant des points névralgiques ou des symboles de l’État. Le JNIM semble avoir franchi un cap en ciblant nominativement des cadres du renseignement malien. Deux officiers de l’Agence nationale de la sécurité d’État (ANSE) auraient été placés sur une liste de mise à prix diffusée par l’organisation, accentuant l’inquiétude au sein des services de renseignement.
Le moral des troupes mis à rude épreuve
Les signes de panique au sein des services de sécurité font écho à des rapports sur l’effritement du moral dans les Forces armées maliennes (FAMa). Face à la perspective d’une offensive coordonnée du JNIM, des refus de combattre seraient redoutés par le commandement. Pour y remédier, la junte aurait proposé de nouvelles primes exceptionnelles de combat. Cependant, ces mesures financières peinent à dissimuler une crise de confiance profonde, les soldats étant épuisés par des années de conflit asymétrique. « Les primes ne compensent plus le déficit stratégique ni la peur d’un embrasement imminent », commente un spécialiste de la défense sous couvert d’anonymat.
Des signes de fébrilité au sommet de l’État
Cette dégradation rapide du climat sécuritaire provoque des secousses dans l’élite politique et militaire. Des rumeurs persistantes, alimentées par des mouvements inhabituels, font état du départ précipité à l’étranger des familles de plusieurs dignitaires du régime, dont celles de ministres en exercice. Les autorités de transition n’ont pas encore réagi à ces informations ni à la vidéo du JNIM. Si ces départs se confirment, ils traduiraient un manque de confiance dans la capacité de l’État à sécuriser la capitale. Alors que les prochains jours s’annoncent cruciaux, Bamako retient son souffle, entre la peur d’une escalade militaire et l’attente d’une réponse ferme du gouvernement de transition.