24 juillet 2026

Africa Solidaire

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Mariama sonko, la voix de l’autonomie féminine en Casamance

Mariama Sonko, la voix de l’autonomie féminine en Casamance

Dans les terres fertiles de la Casamance, à Niaguis, une figure emblématique se lève pour redonner aux femmes leur place centrale dans l’agriculture et l’agroécologie. Mariama Sonko, présidente du mouvement panafricain Nous sommes la solution, incarne depuis plus de trois décennies cette lutte pour l’autonomie financière et la souveraineté alimentaire des femmes rurales. Fille de paysanne, elle a transformé son héritage en une mission collective, fédérant plus de 800 associations à travers huit pays d’Afrique de l’Ouest.

Mariama Sonko lors d'une intervention pour le mouvement Nous sommes la solution

Un combat ancré dans l’histoire personnelle

Mariama Sonko ne cache pas les injustices qui ont forgé sa détermination. Petite-fille et fille de paysannes, elle a grandi avec l’image d’une femme reléguée au second plan, privée de droits fondamentaux comme l’accès à la terre, malgré les lois en vigueur. « Quand j’ai grandi, j’ai vu la pression subie par les femmes. Ça me révolte encore », confie-t-elle avec une intensité qui traverse les années.

Son engagement prend une tournure dramatique après la disparition de son père. Elle se retrouve témoin des difficultés de sa mère pour subvenir aux besoins de dix enfants. « À 19 ans, j’ai dû arrêter mes études. Mes oncles voulaient me marier, affirmant que la place de la femme était au foyer », raconte-t-elle. Mais cette épreuve ne l’a pas brisée. Au contraire, elle l’a poussée à agir.

Avec d’autres femmes, elle tente de cultiver un terrain, mais se heurte à l’expulsion. Déterminée, elle se bat pour obtenir sa propre ferme. Après dix ans d’efforts, elle y parvient : 3 hectares de terre à Ziguinchor, cultivés sans pesticides et avec des semences locales. Trente femmes y œuvrent aujourd’hui, et plus de cent disposent désormais d’un compte bancaire et épargnent. « Quand je vois leurs avancées, je suis fière. Leurs activités secondaires renforcent leurs revenus, et c’est ça, l’émancipation », souligne-t-elle.

Mariama Sonko dans sa ferme de Niaguis, près de Ziguinchor

Souveraineté alimentaire : un enjeu porté par les femmes

Pour Mariama Sonko, la clé de la souveraineté alimentaire africaine réside dans l’autonomie des femmes rurales et la préservation des semences locales. « Si nous ne nous organisons pas, demain, nous serons des étrangères chez nous », avertit-elle. Son mouvement, Nous sommes la solution, milite pour la reconstitution d’un capital semencier essentiel à la vie et à l’indépendance du continent.

Avec plus de 800 associations membres dans huit pays d’Afrique de l’Ouest, le mouvement rassemble 200 000 femmes, majoritairement analphabètes, mais unies par une même vision. « Quand je suis avec elles, je mesure les progrès accomplis. C’est ça, la vraie force », confie Mariama avec émotion. Leur approche repose sur l’agroécologie, une agriculture respectueuse des écosystèmes et des savoir-faire ancestraux, loin des dépendances aux multinationales.

Son parcours, marqué par des décennies de combat, est une preuve vivante que la résilience et l’union font la différence. À travers ses actions, elle montre que l’émancipation des femmes passe par l’accès à la terre, aux ressources et à la reconnaissance de leur rôle clé dans le développement durable.

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