22 juin 2026

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Minembwe : les combats intenses forcent la coalition FARDC-FDNB au repli, selon le M23

Minembwe, 19 juin 2026—Des affrontements d’une rare violence ont secoué les hauts plateaux des territoires de Fizi et Mwenga, au Sud-Kivu, en République démocratique du Congo. Pendant près d’une semaine, les combattants Twirwaneho, alliés à la coalition politico-militaire AFC-M23, ont fait face aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), soutenues par la Force de défense nationale du Burundi (FDNB) et les milices Wazalendo.

À l’issue de cette série de combats acharnés, les forces Twirwaneho/M23 clament avoir repoussé la coalition gouvernementale de plusieurs positions stratégiques aux alentours de Minembwe. Parallèlement, des sources locales et militaires confirment un mouvement de repli des troupes engagées.

Selon des témoignages recueillis sur place, la confrontation a atteint son paroxysme durant la semaine écoulée, marquée par l’utilisation d’armes lourdes, de drones et des bombardements. Les FARDC, la FDNB et leurs partenaires auraient ensuite opéré un retrait tactique vers les localités de Lwiko, Mutunda et Miko, laissant plusieurs points périphériques de Minembwe sous le contrôle des combattants Twirwaneho/M23.

Des résidents ayant fui les hostilités vers Kiziba décrivent des scènes de panique généralisée et des déplacements massifs de civils. Plusieurs récits font état de bombardements ayant touché des zones habitées, bien qu’aucun bilan indépendant n’ait pu être établi à ce stade.

Si les FARDC n’ont pas encore communiqué en détail, des sources militaires locales confirment un repositionnement stratégique de leurs forces après des combats particulièrement intenses dans les secteurs d’Ilundu et de Bidegu.

Des informations non confirmées provenant de la zone suggèrent également que des soldats burundais de la FDNB auraient abandonné du matériel lors de leur repli vers Kakenge (Miko). Des pertes humaines seraient à déplorer au sein des FARDC, de la FDNB et des Wazalendo, sans qu’aucun chiffre officiel ne soit disponible.

Revendications de victoire et accusations

Pour les combattants Twirwaneho/M23, le ton est à la célébration d’une victoire militaire. Ils déclarent avoir fait reculer les forces gouvernementales et leurs alliés au-delà de plusieurs lignes de front, renforçant ainsi leurs positions autour de Minembwe.

Les combats dans l’est congolais continuent de pousser des civils, principalement des femmes et des enfants, à fuir vers des camps de déplacés où les conditions de vie restent précaires et marquées par le manque d’abris, de nourriture et d’accès aux soins de base. ©SOS Médias Burundi

L’ancien député national congolais Moïse Nyarugabo a publiquement salué ce qu’il a appelé un « recul des forces engagées contre Minembwe ».

« La menace pesant sur Minembwe a été écartée. Malgré les bombardements de Soukhoï, l’utilisation de drones et l’artillerie lourde, les forces adverses ont été repoussées au-delà de la rivière Lwiko », a-t-il affirmé.

Selon ses déclarations, les opérations militaires lancées depuis plusieurs mois n’auraient pas réussi à garantir une stabilité durable dans ces hauts plateaux, qui demeurent une zone de fortes tensions.

Il a également imputé à la coalition la responsabilité des bombardements ayant entraîné des pertes civiles et des déplacements massifs de populations.

Controverses autour de la présence burundaise

La participation de la Force de défense nationale du Burundi (FDNB) aux côtés des FARDC continue d’alimenter les controverses dans la région. Des sources sécuritaires avancent que Kinshasa aurait proposé à Gitega des avantages liés à l’exploitation minière dans la région de Minembwe et d’autres secteurs du territoire de Fizi en échange d’un soutien militaire. Ces allégations n’ont reçu aucune confirmation officielle ni de la part des autorités congolaises ni de celles du Burundi.

Toutefois, les présidents Évariste Ndayishimiye et Félix Tshisekedi ont bien confirmé l’existence d’un accord bilatéral de coopération sécuritaire, autorisant l’intervention des forces burundaises sur le territoire congolais. Un rapport interne du ministère congolais de l’Intérieur et de la Sécurité indique que plus de 29 000 soldats burundais auraient été déployés dans l’est de la RDC entre août 2022 et décembre 2025.

Dans ce contexte de vives tensions sécuritaires, l’armée burundaise a récemment procédé à de nouveaux redéploiements régionaux. Cela survient notamment après le retrait des rebelles de l’AFC-M23 de la ville stratégique d’Uvira, proche de Goma et des axes reliant l’est congolais au Burundi. Uvira avait été sous occupation pendant près d’un mois entre décembre 2025 et janvier 2026 avant le départ des rebelles.

Plus récemment, des sources locales signalent également que des éléments de l’AFC-M23 se sont retirés de certaines positions dans la plaine de la Rusizi, suite à des pressions internationales, notamment des États-Unis et d’autres partenaires engagés dans les efforts de désescalade régionale.

AFC-M23 et Twirwaneho au cœur des tensions

Le Mouvement du 23 mars (M23) est aujourd’hui une composante majeure de l’Alliance Fleuve Congo–M23 (AFC-M23), une coalition politico-militaire dirigée par Corneille Nangaa, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) de la République démocratique du Congo.

Dans les hauts plateaux du Sud-Kivu, cette coalition s’appuie notamment sur le mouvement armé Twirwaneho, principalement constitué de jeunes issus de la communauté Banyamulenge.

Les autorités congolaises accusent régulièrement le Rwanda de soutenir l’AFC-M23 et ses alliés, des allégations que Kigali rejette systématiquement. Le Rwanda, de son côté, reproche à Kinshasa sa collaboration avec les FDLR, un groupe armé composé d’anciens responsables hutus impliqués dans le génocide des Tutsis de 1994.

Le Burundi accuse également le Rwanda de soutenir des groupes armés opérant contre son territoire et d’avoir des ambitions d’influence dans l’est de la RDC. Kigali réfute ces accusations et reproche à Gitega une collaboration avec les FDLR et d’autres groupes armés actifs dans la région.

Dans ce climat de tensions persistantes, le M23/AFC, un mouvement majoritairement tutsi ayant repris les armes fin 2021 après avoir dénoncé le non-respect par Kinshasa de ses engagements de réintégration, contrôle ou influence plusieurs zones stratégiques du Nord et du Sud-Kivu, incluant des axes économiques et des localités essentielles.

Une région en proie à l’instabilité chronique

Malgré de multiples accords régionaux et initiatives diplomatiques visant à apaiser la crise dans l’est de la RDC, les affrontements se poursuivent sur le terrain, sans qu’une désescalade durable ne se profile à court terme.

Les hauts plateaux de Fizi demeurent ainsi un des épicentres les plus instables de la région des Grands Lacs, où les rivalités locales s’entremêlent aux tensions géopolitiques entre Kigali, Kinshasa et Gitega.

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