13 juin 2026

Africa Solidaire

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Niger : jusqu’à 20 ans de prison pour homosexualité avec le nouveau code pénal

Le Niger a opéré un changement juridique significatif en criminalisant les relations homosexuelles et le militantisme LGBTQIA+. Le nouveau code pénal, promulgué discrètement en février par le régime militaire, instaure des peines d’emprisonnement sévères et des amendes élevées, comblant un vide juridique historique.

Les dispositions clés de la loi

Le texte, publié au Journal officiel, élargit le champ des infractions au-delà des relations homosexuelles :

  • Peines de base : toute personne commettant ou tentant un « acte impudique ou contre nature » ou des pratiques LGBTQIA+ encourt de 5 à 10 ans de prison.
  • Circonstances aggravantes : les peines peuvent être doublées, allant jusqu’à 20 ans de réclusion pour certaines infractions spécifiques.
  • Amendes records : des sanctions financières pouvant atteindre 500 millions de francs CFA (environ 750 000 euros) sont prévues, sans circonstances atténuantes ni sursis.
  • Ciblage du militantisme : la loi punit de mêmes peines quiconque « gère, dirige, finance ou participe à des clubs, organisations ou associations pour homosexuels ou LGBTQIA+ ». Les organisateurs ou témoins de mariages de personnes de même sexe sont également visés.

Les justifications des autorités

Le régime du général Abdourahamane Tiani présente cette réforme comme une mesure de cohésion nationale. Le ministre de la Justice, Alio Daouda, a déclaré : « Nous avons voulu adapter notre droit aux valeurs sociales et culturelles du pays. » Cette approche s’inscrit dans une politique souverainiste et de rejet des « ingérences occidentales ». Dès 2024, le gouvernement avait retiré des modules d’éducation sexuelle des programmes scolaires et interdit des applications de sensibilisation à la santé reproductive.

Un durcissement régional

Le Niger s’aligne sur une tendance plus large en Afrique de l’Ouest :

  • Niger (février 2026) : passage d’un flou juridique à une législation sévère avec jusqu’à 20 ans de prison et des amendes records.
  • Sénégal (mai 2026) : durcissement de la législation, avec des peines doublées pour les actes « contre nature », jusqu’à 10 ans de prison.
  • Burkina Faso (2025) : criminalisation de l’homosexualité inscrite dans la loi, avec une peine maximale de 5 ans.
  • Ghana (2024-2026) : après un long processus législatif, les pratiques et leur promotion sont punies de 3 à 5 ans de prison.

Les inquiétudes des défenseurs des droits humains

Cette législation suscite l’alarme parmi les organisations de défense des droits humains. Elles soulignent que la loi expose une minorité déjà stigmatisée à des risques accrus de violences, de dénonciations et d’extorsions. Les acteurs humanitaires craignent également que cela ne complique l’accès aux soins de santé, notamment pour la prévention du VIH, en poussant les populations vulnérables vers la clandestinité. Avec plus de 30 pays africains sur 54 criminalisant les relations homosexuelles, le Niger rejoint les régimes juridiques les plus répressifs de la sous-région.

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