Niger : l’activiste Nassirou Bodo incarcéré pour ses critiques envers la junte militaire
Niger : l’activiste Nassirou Bodo incarcéré pour ses critiques envers la junte militaire
Un militant nigérien engagé dans la défense des droits humains a été placé en détention à Niamey après avoir dénoncé publiquement les actions du régime militaire en place.
Nassirou Bodo, une figure connue pour son engagement critique envers les autorités, a été placé sous mandat de dépôt et transféré à la maison d’arrêt de Niamey. Cette décision fait suite à ses propos jugés polémiques publiés sur les réseaux sociaux, où il dénonçait « la violence sociale exercée par l’État contre les populations ».
Selon des informations relayées par des médias locaux, l’activiste est poursuivi pour diffusion de données destinées à troubler l’ordre public. Son arrestation intervient dans un contexte où les autorités nigériennes renforcent les mesures de contrôle contre les voix dissidentes depuis le changement de régime survenu en juillet 2023.
Un appel à la contestation nationale
Dans une publication récente, Nassirou Bodo avait appelé les citoyens nigériens à organiser « des actions de protestation et de désapprobation » contre ce qu’il qualifie de « violences étatiques ». Parmi les exemples cités, il a évoqué « l’insécurité persistante dans plusieurs régions » ainsi que « les expulsions forcées, notamment autour de l’aéroport de Niamey ». Ces dernières, justifiées par les autorités comme une mesure de sécurité contre le terrorisme, touchent des habitants installés illégalement sur le site.
Contexte politique et répression des opposants
Depuis le coup d’État militaire de 2023, le Niger traverse une période marquée par une restriction accrue des libertés. Plusieurs acteurs de la société civile, des journalistes et des opposants politiques ont été arrêtés, certains condamnés pour des chefs d’accusation tels que diffamation, atteinte à la sécurité nationale ou complot contre l’État.
Les Nations Unies ont recensé 13 journalistes arrêtés en 2025 au Niger. Parmi eux, trois ont été libérés après plusieurs mois de détention, dont un correspondant de la radio allemande Deutsche Welle. Cinq autres professionnels des médias restent encore derrière les barreaux.
Parmi les personnalités toujours incarcérées figure Moussa Tchangari, une figure emblématique de la société civile, détenu depuis décembre 2024. Il est poursuivi pour « apologie du terrorisme » et « atteinte à la sûreté de l’État ».