Niger : le Fmi s’apprête à débloquer près de 18 milliards de Fcfa
Le Fonds monétaire international (Fmi) a officialisé la conclusion d’un accord technique avec les autorités nigériennes. Ce compromis ouvre la voie à un versement prochain de 26,3 millions de dollars, soit environ 17,8 milliards de Fcfa, destiné à renforcer la stabilité macroéconomique et à soutenir les réformes structurelles engagées par le pays.
Un appui financier crucial pour les finances publiques
Après des négociations approfondies menées à Niamey, les équipes du Fmi et le gouvernement de transition ont trouvé un terrain d’entente dans le cadre de la Facilité élargie de crédit (Fec) et de la Facilité pour la résilience et la durabilité (Frd). Ce feu vert technique, qui doit encore être entériné par le Conseil d’administration de l’institution dans les semaines à venir, marque un pas significatif dans le rétablissement des relations financières internationales du Niger.
Deux axes stratégiques pour l’enveloppe
Ce financement de près de 18 milliards de Fcfa se décline en deux composantes principales :
- Soutien budgétaire direct : il vise à consolider les recettes de l’État, à rationaliser les dépenses publiques et à assurer la viabilité de la dette souveraine.
- Transition climatique : une partie des fonds sera allouée aux réformes institutionnelles face aux chocs environnementaux, le Niger demeurant l’un des pays les plus exposés au dérèglement climatique dans le Sahel.
« Cet accord témoigne des avancées réalisées par les autorités nigériennes dans la gestion des finances publiques, malgré un contexte régional et sécuritaire toujours difficile », souligne un analyste financier basé à Dakar.
Des perspectives de croissance portées par le pétrole
Ce décaissement intervient alors que l’économie nigérienne connaît un tournant décisif. Après avoir subi les conséquences des sanctions économiques régionales en 2023 et 2024, le pays mise désormais sur une accélération de sa croissance, principalement grâce à la hausse de ses exportations de pétrole brut via le pipeline reliant le gisement d’Agadem au port de Sèmè-Kpodji. L’institution de Bretton Woods a toutefois insisté sur la nécessité de transparence dans la gestion des ressources extractives et de lutte contre la corruption, conditions essentielles pour que cette manne pétrolière profite au développement humain et à la réduction de la pauvreté.
Les chantiers prioritaires pour Niamey
Pour tirer parti de ce signal positif adressé aux investisseurs, le gouvernement nigérien devra accélérer plusieurs réformes :
- Élargissement de l’assiette fiscale : réduire la dépendance aux recettes d’aide et optimiser la collecte des impôts intérieurs.
- Protection des dépenses sociales : veiller à ce que l’ajustement budgétaire n’affecte pas les budgets de l’éducation et de la santé.
- Amélioration du climat des affaires : rassurer le secteur privé national et international pour diversifier une économie encore trop tributaire de l’agriculture de subsistance et du secteur informel.
Ce décaissement imminent de 18 milliards de Fcfa constitue une étape clé dans la normalisation financière du Niger sur la scène internationale, offrant aux autorités une marge de manœuvre précieuse pour boucler l’exercice budgétaire en cours.