27 juin 2026

Africa Solidaire

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Niger : le Jnim cible directement les habitants de Niamey dans une nouvelle vidéo

La menace sécuritaire au Niger se rapproche de manière alarmante de la capitale. Le 26 juin 2026, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) a diffusé une vidéo en langue zarma, dans laquelle son porte-parole, Abdulmajid al-Ansari, s’adresse directement aux habitants de Niamey avec des propos particulièrement préoccupants.

Dans cette déclaration, l’organisation affirme ne pas cibler les civils. Toutefois, elle accuse une partie de la population d’avoir collaboré avec les Forces de défense et de sécurité (FDS) lors de l’attaque perpétrée contre l’aéroport de Niamey le 18 juin 2026. Sur la base de cette accusation, le mouvement menace explicitement les personnes qui se rendraient aux abords de la ville, tout en affirmant sa capacité à frapper à l’intérieur même de Niamey. Il précise que les opérations déjà menées ne sont qu’un prélude à des actions présentées comme « bien plus importantes ».

Cette prise de parole traduit une évolution inquiétante dans la communication du groupe. En assimilant des civils à des soutiens militaires présumés, le JNIM entretient une ambiguïté qui risque d’exacerber la peur au sein de la population. Même lorsqu’un groupe armé déclare ne pas viser les civils, le simple fait de les désigner comme des collaborateurs potentiels accroît considérablement leur vulnérabilité face aux violences et à l’intimidation.

Ces déclarations s’inscrivent dans un contexte marqué par une multiplication des attaques au Niger ces dernières années, malgré les ajustements des stratégies sécuritaires et le renforcement des partenariats militaires. Elles révèlent également la volonté des groupes jihadistes d’exercer une pression psychologique sur les populations, en diffusant des messages destinés à semer la crainte, à affaiblir la confiance envers les autorités et à restreindre les déplacements dans certaines zones.

Au-delà de leur dimension militaire, ces menaces constituent un outil de guerre psychologique. Elles visent à instaurer un climat d’insécurité permanent, à décourager toute coopération entre les citoyens et les forces de sécurité, et à démontrer que les groupes armés cherchent à étendre leur influence jusqu’aux portes de la capitale. Face à ce type de communication, le défi pour les autorités est à la fois sécuritaire et informationnel : protéger les populations tout en évitant que la propagande des groupes armés n’amplifie la peur qu’ils cherchent précisément à provoquer.

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