20 mai 2026

Africa Solidaire

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Niger : Niamey et les acteurs chinois finalisent un accord historique dans le secteur pétrolier

Le Niger a mis un terme définitif à une crise qui minait ses relations avec ses partenaires pétroliers chinois depuis de nombreux mois. Niamey vient de conclure avec succès les négociations engagées avec les entreprises chinoises actives dans l’exploitation pétrolière et la gestion de l’oléoduc reliant le pays à l’océan Atlantique. Cet accord met fin à une période de tension qui s’est intensifiée après l’arrivée au pouvoir du général Abdourahamane Tiani en juillet 2023, menaçant l’une des principales sources de revenus du pays.

Une crise pétrolière née sous le régime du général Tiani

Les désaccords entre les autorités nigériennes et les opérateurs chinois portaient sur plusieurs aspects critiques : les termes financiers des contrats, la fiscalité applicable, la gouvernance des coentreprises ainsi que les conditions de travail des expatriés. La China National Petroleum Corporation (CNPC), acteur central du secteur, détient non seulement l’exploitation du bloc d’Agadem mais aussi une part majeure dans l’oléoduc reliant le sud-est du Niger au port de Sèmè, situé au Bénin. Ce pipeline, d’une longueur de près de 2 000 kilomètres et opérationnel depuis 2024, devait permettre au Niger de devenir un exportateur net de pétrole.

Cependant, les tensions entre Niamey et Cotonou, consécutives au coup d’État de 2023 et aux sanctions régionales qui en ont découlé, ont compliqué la mise en œuvre du projet. Du côté chinois, plusieurs cadres ont été expulsés en début d’année et des autorisations de travail annulées. Par ailleurs, Niamey reprochait à ses partenaires un retard dans le versement d’une avance financière de 400 millions de dollars, préalable aux ventes futures de brut.

Des négociations discrètes aboutissent à un compromis historique

Les discussions, menées dans la plus grande confidentialité, ont impliqué des représentants chinois envoyés depuis Pékin ainsi que des responsables du ministère du Pétrole nigérien. Les termes de l’accord prévoient une refonte des conditions fiscales, un rééchelonnement des engagements financiers mutuels et un nouveau cadre pour l’affectation du personnel chinois sur les sites d’exploitation. Le gouvernement de transition présente cette résolution comme une victoire de sa politique de souveraineté économique, tout en préservant une collaboration essentielle avec un partenaire de près de deux décennies.

Le calendrier de cet accord n’est pas anodin. Face à un contexte régional toujours instable et à la suspension de plusieurs partenariats avec les pays occidentaux, le Niger mise sur la rente pétrolière pour stabiliser son économie à court terme. Les autorités anticipent une augmentation significative des exportations via l’oléoduc, sous réserve de la normalisation des relations avec le Bénin et du plein redémarrage des infrastructures gérées par la Chine.

La Chine renforce son influence stratégique au Sahel

Pour Pékin, la résolution de cette crise dépasse le cadre nigérien. La CNPC et ses filiales ont investi plusieurs milliards de dollars dans l’ensemble de la chaîne pétrolière du pays, et un échec aurait compromis la crédibilité de la Chine auprès des autres nations sahéliennes en pleine restructuration de leurs partenariats énergétiques et miniers. À l’inverse, un accord négocié sans rupture avec un régime militaire renforce l’image de la Chine comme un partenaire pragmatique, évitant toute ingérence et traitant d’égal à égal avec des autorités sous sanctions internationales.

Un défi persiste : la commercialisation effective du pétrole. Tant que les relations entre Niamey et Cotonou ne seront pas pleinement rétablies, les volumes transportés via Sèmè resteront en dessous des capacités théoriques du pipeline, estimées à 90 000 barils par jour. En parallèle, les autorités nigériennes explorent des solutions alternatives, comme une liaison via le Tchad, mais leur viabilité industrielle reste incertaine. L’accord avec les entreprises chinoises apporte un répit, sans pour autant lever l’ensemble des obstacles pesant sur la filière pétrolière nationale.

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