20 mai 2026

Africa Solidaire

Actualités et analyses sur l'Afrique subsaharienne, avec un regard solidaire sur les enjeux du continent.

Nucléaire en Afrique : Faure Gnassingbé défend un partenariat gagnant-gagnant

Le Nuclear Energy Innovation Summit for Africa se tient actuellement à Kigali, la capitale du Rwanda. Plusieurs chefs d’État et responsables africains y participent, dont le président togolais Faure Gnassingbé. Lors de son intervention ce 19 mai, il a exposé sa vision d’une collaboration équilibrée entre l’Afrique et les acteurs internationaux du nucléaire, dans un contexte où les ambitions du continent en matière d’énergie atomique grandissent.

Faure Gnassingbé a clairement marqué son opposition à toute logique de charité technologique. « L’Afrique ne sollicite pas une aide charitable en nucléaire. Elle propose une alliance stratégique, un marché dynamique et une vision autonome de son avenir énergétique », a-t-il affirmé devant l’assistance.

L’Afrique veut prendre les commandes de son nucléaire civil

Cette déclaration s’inscrit dans un mouvement plus large où plusieurs pays africains accélèrent leurs initiatives nucléaires civiles. L’Égypte, par exemple, érige actuellement la centrale d’El Dabaa avec l’appui de partenaires internationaux. L’Afrique du Sud, quant à elle, exploite la centrale de Koeberg, seule infrastructure nucléaire opérationnelle du continent à ce jour.

D’après l’Agence internationale de l’énergie atomique, de nombreux États africains multiplient les discussions avec des acteurs étrangers pour développer des capacités de production électrique nucléaire. L’objectif ? Répondre à la demande énergétique croissante et combler les déficits persistants d’accès à l’électricité.

Les propos du président togolais reflètent une volonté claire de l’Afrique de se repositionner dans les négociations relatives aux technologies nucléaires, en mettant l’accent sur l’équité économique et la coopération mutuelle.

L’uranium africain, une richesse sous-exploitée

Le continent africain regorge de ressources naturelles essentielles à la chaîne de valeur du nucléaire, notamment l’uranium. Des nations comme le Niger et la Namibie se distinguent comme des producteurs majeurs de ce minerai stratégique, indispensable au fonctionnement des réacteurs.

Pourtant, malgré ces atouts naturels, les pays africains restent fortement tributaires des technologies étrangères pour la conception, la construction et la gestion de leurs infrastructures nucléaires. Les projets en cours s’appuient majoritairement sur des partenariats techniques avec des pays disposant d’une industrie nucléaire avancée.

Former, réguler et financer : les piliers du nucléaire africain

Les échanges lors du sommet ont souligné l’importance cruciale de renforcer les compétences locales. Les experts présents ont insisté sur la nécessité de former des ingénieurs spécialisés et de développer des compétences en sûreté nucléaire. L’établissement d’autorités de régulation indépendantes figure également parmi les priorités, un prérequis indispensable pour tout projet nucléaire civil.

Le financement des projets nucléaires, souvent chiffré en milliards de dollars sur plusieurs décennies, représente un défi majeur pour les États africains. Les prochaines étapes consisteront à concrétiser les accords de coopération annoncés et à structurer des programmes nationaux ambitieux dans plusieurs pays du continent.

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