Premier déplacement officiel de Sébastien lecornu à Rabat : renforcement des liens franco-marocains
Sébastien Lecornu, fraîchement nommé à la tête du gouvernement français, entame cette semaine sa première tournée diplomatique à l’étranger. Après une halte au Qatar pour des hommages posthumes, il se rendra à Rabat les 15 et 16 juillet afin de donner une nouvelle impulsion aux relations bilatérales entre la France et le Maroc.
Accompagné d’une délégation ministérielle d’une douzaine de membres, dont les ministres des Affaires étrangères et de l’Intérieur, le Premier ministre français rencontrera Aziz Akhannouch, son homologue marocain. Cette visite, qualifiée de rencontre de haut niveau, marquera la première réunion gouvernementale franco-marocaine depuis 2019, illustrant la volonté des deux pays de tourner définitivement la page des tensions passées.
Une diplomatie marocaine désormais prioritaire pour la France
Les échanges entre Paris et Rabat n’ont jamais été aussi fluides depuis des années. Cette dynamique s’est accélérée après la reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental à l’été 2024, une décision qui a contrasté avec les relations tendues entretenues jusqu’alors avec Alger. Emmanuel Macron avait ensuite été reçu en grande pompe lors d’une visite d’État à Rabat en octobre 2024, scellant ainsi la fin d’un désaccord de trois ans marqué par des soupçons d’espionnage et des restrictions sur les visas.
Cette réconciliation s’est traduite par la signature de nombreux contrats lors de ce déplacement, renforçant encore l’importance stratégique du Maroc pour la diplomatie française. « Les relations sont désormais excellentes, il s’agit d’en récolter les fruits », analyse Hasni Abidi, spécialiste des questions maghrébines. Paris ne cherche plus à équilibrer ses relations avec Alger, privilégiant désormais une alliance claire avec Rabat.
Des accords concrets attendus lors de cette visite
Le programme de Sébastien Lecornu à Rabat débutera mercredi par une cérémonie d’accueil avec les honneurs militaires, suivie d’un dépôt de gerbes au mausolée royal, en hommage aux souverains défunts. Jeudi, un entretien bilatéral avec Aziz Akhannouch est prévu au ministère marocain des Affaires étrangères, avant la signature d’accords dans des domaines clés : économie, sécurité, migration et défense.
La rencontre sera couronnée par un déjeuner officiel offert par le roi Mohammed VI, en présence du chef du gouvernement marocain. Parmi les sujets abordés, la question de l’extradition du Franco-Marocain Ismael Benahmed, recherché pour un meurtre commis à Paris en 2019, sera au cœur des discussions entre Laurent Nuñez et Abdelouafi Laftit. Le Maroc, pour sa part, salue le soutien constant de la France à son plan d’autonomie pour le Sahara occidental, une position qui a permis l’adoption d’une résolution onusienne favorable en 2025.
Ancienne colonie espagnole, cette région, qualifiée par l’ONU de « territoire non autonome », reste l’objet d’un conflit opposant le Maroc aux indépendantistes du Front Polisario, soutenus par Alger. Le renforcement des liens franco-marocains pourrait aboutir à une visite historique du souverain marocain en France, accompagnée de l’adoption d’un traité bilatéral qualifié de partenariat d’exception. Bien que la date de ce déplacement n’ait pas encore été officialisée, les deux ministères des Affaires étrangères en ont évoqué le principe fin mai dernier.