Président camerounais Paul Biya : une absence prolongée qui interroge le pouvoir depuis Genève
(260520) -- YAOUNDE, May 20, 2026 (Xinhua) -- Cameroonian President Paul Biya (3rd R) watch a civilian parade during the National Day celebrations in Yaounde, Cameroon, on May 20, 2026. Cameroon on Wednesday marked the 54th anniversary of its National Day with military and civilian parades held across the country. (Xinhua/Kepseu)
Chef de l’État camerounais : plus de deux mois d’absence, un pouvoir en question à Genève
Depuis le 7 juin, le Cameroun est dirigé depuis l’étranger. Le président Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, n’a plus foulé le sol de son pays depuis plus de soixante-cinq jours, un record inédit dans une carrière politique marquée par la longévité. Les rumeurs sur son état de santé et les interrogations sur la gestion du pays à distance alimentent les débats. Le gouvernement assure que tout fonctionne normalement, mais les doutes persistent.
Une gouvernance à distance : entre décrets et silence médiatique
À Genève, les bureaux de la représentation camerounaise fonctionnent au ralenti. Les décrets présidentiels continuent d’être signés, mais leur légitimité est remise en cause. L’opposition camerounaise, déjà critique envers le régime, y voit une preuve supplémentaire de l’affaiblissement du pouvoir en place. Les rencontres officielles se font rares, et les déclarations publiques se font discrètes, laissant place aux spéculations.
Les citoyens camerounais s’interrogent : comment un président absent depuis si longtemps peut-il encore incarner l’autorité nécessaire à la stabilité du pays ? Les réseaux sociaux bruissent de théories, entre affirmation de son décès et hypothèses sur un retrait politique déguisé.
Santé et succession : les enjeux cachés derrière l’absence
Les autorités camerounaises ont évoqué une « convalescence » après un malaise survenu fin mai. Pourtant, aucune image récente du président n’a été diffusée. Les hôpitaux suisses, où il serait soigné, restent silencieux. Cette opacité alimente les craintes d’une crise politique latente.
Dans l’ombre, les discussions sur la succession s’intensifient. Le régime, habitué à une transition contrôlée, doit désormais faire face à une réalité inédite : un leader invisible, dont l’état de santé et les intentions restent un mystère. Les partis d’opposition réclament des clarifications, tandis que la communauté internationale observe avec prudence.
Un pouvoir en suspens : quelles conséquences pour le Cameroun ?
L’absence prolongée du chef de l’État crée un vide institutionnel difficile à combler. Les ministères fonctionnent par délégation, mais les décisions stratégiques se font attendre. Les partenaires économiques du Cameroun, conscients de l’instabilité politique, commencent à s’interroger sur la crédibilité du pays à long terme.
Les Camerounais, eux, oscillent entre inquiétude et résilience. Certains appellent à une transition pacifique, d’autres craignent une instrumentalisation de la situation par les forces en place. Une chose est sûre : cette absence forcée de Paul Biya redessine les équilibres d’un pays habitué à un pouvoir centralisé depuis des décennies.