28 juin 2026

Africa Solidaire

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Rdc : l’église catholique défie le président tshisekedi sur la constitution

Une nouvelle passe d’armes oppose l’Église catholique de la République démocratique du Congo au pouvoir en place. La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a vivement critiqué le projet de révision constitutionnelle qui permettrait au président Félix Tshisekedi de se représenter pour un troisième mandat en 2028.

La cenco appelle à la résistance

Dans une déclaration ferme, la CENCO exhorte Félix Tshisekedi à respecter le serment qu’il a prêté « devant Dieu et la Nation ». Les évêques se réservent le droit d’annoncer un calendrier d’actions sur le terrain et appellent la population à résister à ce qu’ils considèrent comme une tentative « qui risque de balkaniser le pays et le conduire à la guerre civile ».

Un troisième mandat en question

La Constitution congolaise limite à deux le nombre de mandats présidentiels. Arrivé au pouvoir en janvier 2019, Félix Tshisekedi a été réélu en 2023 pour un second et dernier mandat. Cependant, lors d’une conférence de presse en mai dernier, il a évoqué la possibilité de briguer un troisième mandat en organisant un référendum pour modifier la Constitution. Ses partisans politiques travaillent activement dans ce sens depuis cette annonce.

L’église catholique, un opposant historique

L’Église catholique s’était déjà opposée par le passé à la volonté de l’ancien président Joseph Kabila de modifier la Constitution pour obtenir un troisième mandat. Aujourd’hui, elle se mobilise à nouveau. La CENCO s’est réunie en « Assemblée plénière extraordinaire » à Kinshasa du 18 au 20 juin 2026. Dans une déclaration finale en 17 points, les 37 membres de la conférence épiscopale (cardinal, évêques et prêtres) ont estimé que « la Nation était en péril ! ».

Une situation sécuritaire et sanitaire préoccupante

Le pays est toujours en proie à des conflits armés, malgré les nombreux accords de paix signés. Depuis quatre ans, les provinces du Nord et du Sud-Kivu sont contrôlées par les rebelles de l’Alliance du Fleuve Congo / Mouvement du 23 mars (AFC/M23), qui consolident leur administration sur les territoires occupés. En Ituri et dans une partie du Nord-Kivu, d’autres groupes armés, dont les Forces démocratiques alliées (ADF), massacrent des milliers de Congolais. À ces crises s’ajoute la maladie à fièvre hémorragique Ebola, avec un risque d’extension dans l’est du pays.

« Pendant ce temps, nous observons, avec beaucoup d’inquiétude, une tension croissante née de la campagne de la majorité au pouvoir, en faveur du changement de la Constitution du 18 février 2006 », a déploré le clergé congolais. « Malheureusement, cette campagne, qui mobilise les moyens de l’État, se fait dans un climat de terreur contre des voix discordantes au sein même de la Majorité, obligées de se taire par peur des représailles. Quant aux manifestations de l’Opposition, elles sont violemment réprimées par la police, en collaboration avec la milice d’un parti politique dénommée ‘Force du progrès’ ».

Pour les évêques congolais, il n’y a « ni la nécessité, ni l’urgence, ni l’opportunité du changement de la Constitution ». La priorité du pays, selon eux, « c’est la paix, le bien-être social du peuple, l’unité et la cohésion nationale ».

Les évêques accusés de subversion

En réaction à cette déclaration, la plateforme de l’Union sacrée pour la Nation (USN), une coalition de 400 partis et mouvements politiques soutenant le président Tshisekedi, s’est déclarée « indignée » et a condamné « avec la dernière énergie » la position des évêques. Dans un communiqué, les partisans du chef de l’État estiment que cette déclaration « n’est rien d’autre qu’un acte de subversion dirigé contre les institutions légitimes et démocratiquement établies ». Ils ajoutent : « il est regrettable de constater que les évêques utilisent dans leur diatribe plusieurs propos incitant manifestement au soulèvement populaire et au renversement de l’ordre constitutionnel ».

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